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Dans la peau du sénateur Joseph Kabila

Le fait est rare pour ne pas être mentionné. Mardi 15 septembre 2020, à la rentrée parlementaire, le président honoraire de la RDC et sénateur Joseph Kabila a créé la surprise. Il a, pour la première fois, occupé son siège à la Chambre haute du Parlement. Comme le lui recommande d’ailleurs la Constitution du pays.

Joseph Kabila a quitté le pouvoir à 47 ans (le 24 janvier 2019) dans une cérémonie pacifique de passation de pouvoir. Même si avec son successeur Félix Tshisekedi, ils ont du mal à établir un régime stable au sein d’une coalition plus que conflictuelle. Le désormais sénateur à vie (et c’est la Loi qui le veut ainsi), a séché 3 sessions parlementaires depuis 2019. Ce contexte rapidement fixé, il me semble important de se mettre un peu dans la peau du sénateur à vie.

Enfin, la réalité s’impose

Kabila revient peu à peu à la réalité. Il se rend compte, à mesure que le temps passe, qu’il doit jouer son nouveau rôle, et cesser de se rêver en petit dieu. Bientôt, s’il est assidu à sa tâche, il se rendra aussi compte qu’il n’attirera plus assez de selfies.

Kabila se rendra également compte que rester sur le banc n’est pas toujours facile. Surtout quand on doit regarder ceux qui sont en haut gigoter et agir « parfois » en idiots patentés.  Bientôt, il se rendra à l’évidence que personne n’a réellement le pouvoir.

Et bientôt encore, lorsque ce sera fini avec les selfies, il s’arrêtera pour demander le nom d’un sénateur quelconque. Je dis bien « quelconque ». Puis, il verra que sur cette photo, Thambwe Mwamba n’avait même pas le temps de le regarder prendre un selfie qui l’inclut dans le champ.

Et l’humain finit par prendre le dessus !

Aussi, pendant ce selfie, le président du Sénat s’occupait de son téléphone. Kabila comprendra alors que le pouvoir, celui qui l’a, ne joue qu’un rôle. Il comprendra aussi que si on ne le lui fait pas comprendre, le chef finit par oublier qui il est vraiment, comme Thambwe Mwamba sur cette photo, qui apparaît vraiment comme le vrai maître du lieu (et c’est vrai).

On sait pourtant que personne, né d’esprit humain, n’accepte d’être infiniment chosifié. Un jour, l’humain prend la place qui lui revient, et ignore sa peur du danger.

Si donc le sénateur Joseph Kabila a bien compris ce qui lui arrive, alors je peux dire que le Congo est en train de passer un cap important. Et que, ce qui s’est passé le 24 février 2018, l’alternance dont on dit que monsieur Kabila est l’artisan, a de l’avenir. Et c’est pourquoi il est important qu’un tel acteur revienne à la réalité.

S’il utilise bien sa position, sur le banc au sein du Parlement, Kabila fera quelque chose d’utile au Congo, pas forcément quelque chose d’historique. Car marquer l’histoire, il y a surtout l’histoire elle-même pour rendre témoignage à ceux qui l’ont marquée.

 

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