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Pas d’école les jours de marché à Kasindi

C’est devenu quasiment normal dans cette cité frontalière avec l’Ouganda. Les enfants boudent l’école chaque mardi et vendredi, jours de marché pour gagner un peu d’argent. On les retrouve dans le commerce, le transport transfrontalier, les commissions…

À Kasindi, vous ne trouverez personne à l’école les jours de marché. Dommage que cette situation ne soit condamnée ni par les autorités, ni par les ONG de défenses de droits des enfants. Ici le principe c’est « l’argent d’abord, les études après ».

Kasindi est la troisième frontière qui génère le plus de revenus douaniers du pays. L’argent y circule à flot. Surtout ces deux jours de marché, mardi et vendredi. Tout le monde y trouve son compte et les élèves ayant fui leurs classes aussi.

« Je gagne entre trois et huit dollars par jour, selon le flux de la traversée des deux côtés de la frontière », avoue Crispin, 15 ans et élève de deuxième secondaire. Crispin aide à pousser toute la journée un homme handicapé dans une chaise roulante. A la fin de la journée, il apporte ses petites recettes aux parents, et une partie sert à payer ses études.

Élèves et enseignants dans le business

Christine est aussi élève du secondaire. Elle vend de l’eau glacée les jours de marché. Selon elle, à leur école « mardi et vendredi, le registre des présences n’est pas tenu. Plus grave, aucune punition n’est envisagée pour l’élève qui n’a pas été en cours ».

Dans cette petite ville, la majeure partie de l’économie est basée sur les transactions douanières. Les enseignants et les responsables des institutions scolaires savent aussi qu’ils en dépendent d’une manière ou d’une autre. C’est cette situation qui légitime presque l’école buissonnière observée chaque mardi et vendredi.

Un autre élève se pose la question : « Que gagnerais-je en allant à l’école tous les jours de la semaine ? Si avec deux jours de moins on peut gagner de l’argent qui aide à financer d’autres secteurs de la vie ?  Je suis en cinquième du secondaire, je fais déjà des économies pour ma vie future. »

Rien ne peut justifier les absences à l’école

Il est dangereux de mélanger argent et études. La place de l’enfant est à l’école. Un éducateur de Kasindi, Claude Matabishi a raison quand il dit : « Les enfants doivent être en permanence aux cours les jours de classe. La police de la protection de l’enfant a le devoir de ramener à  l’école les élèves qui sèchent les cours. »

Et moi j’ajoute que les parents aussi devraient assurer et assumer leurs responsabilités face à leurs enfants. Laisser ces enfants en divagation pendant les jours de cours, c’est hypothéquer leur avenir, et partant l’avenir de tout un pays. Le Congo se construira avec une élite intellectuelle bien formée et non avec des semi-lettrés que vont devenir ces enfants.   

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