Une route de Mbujimayi
article comment count is: 0

Désenclaver la province du Kasaï-Oriental, un véritable défi

Nos villages et territoires requièrent des routes et des infrastructures pour être désenclavés et parvenir au bien-être socio-économique de la population. Situé au centre de la RDC, le Kasaï-Oriental voit son économie rurale fortement enclavée par manque de bonnes routes de desserte agricole.

La province du Kasaï-Oriental dispose d’énormes potentialités. Non seulement son diamant légendaire, mais aussi les rivières et la terre fertile. Cependant, des produits vivriers pourrissent dans les villages et les lieux de leur production faute de moyens de les évacuer vers les centres urbains. Les routes sont impraticables. Les rivières n’ont pas de ponts à des endroits qui en ont besoin. Il faut plusieurs jours, voire des semaines, pour évacuer des denrées alimentaires par vélos ou sur la tête. La plupart des réalisations de l’Etat se limitent à Mbujimayi le chef-lieu, et les villages sont oubliés.

Je pense que la solution est de rendre praticables les routes de desserte agricole pour que des camions accèdent à nos villages. Faute de ponts sur nos rivières, on peut construire des bacs pour remplacer des pirogues souvent très accidentogènes. Il faudra aussi asphalter, ou tout au moins réhabiliter les routes qui relient le Kasaï-Oriental à d’autres provinces du pays. Ce ne sera que de cette manière qu’on pourra désenclaver la province.

L’insécurité alimentaire

Malgré ses potentialités agricoles, la province souffre d’insécurité alimentaire, malnutrition, hausse des prix des denrées alimentaires  de première nécessité… À mon avis, la responsabilité est partagée entre les autorités coutumières, politico- administratives et les populations locales. Aucun effort n’est fourni pour valoriser l’agriculture. Sur les marchés, les stands des produits agricoles sont vides. Et les rares ouvrages d’intérêt commun sont mal exploités et mal entretenus. Ce qui contribue largement à la pauvreté de nos territoires.

Des ONG comme Enabel du royaume de   Belgique à travers le projet  Prodekor et Catholic Relief Service (CRS) essaient tant soit peu de combattre le désenclavement et la malnutrition par différents programmes dans la province. Leur apport même minime est à féliciter. Mais dans ce domaine, à mon avis, il faut également encourager les initiatives congolaises.

Des populations coupées du reste de la province

Lors d’un séjour de travail dans plusieurs contrées des provinces de Lomami et du Kasaï-Oriental, j’ai constaté que les populations des territoires de Luilu, Tshilenge, Mulundu-Wikong et Kanintshin, font face à de sérieuses difficultés liées à l’impraticabilité des routes et au manque de moyens pouvant faciliter le transport des personnes et des biens. Il est urgent que l’État fasse quelque chose.

En même temps, il ne suffit pas d’avoir ou d’exiger de bonnes infrastructures, mais il faut surtout savoir en assurer l’entretien. Une tâche qui concerne non seulement les autorités, mais aussi les usagers. Parler du désenclavement implique plusieurs facteurs qui entrent en jeu, pour permettre à la province de contribuer au bien-être de sa population.

 

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (0)

  1. Ouais ceci est correcte.je n’ai jamais été dans mon village natale ,mais j’ai eu la chance de faire un voyage dans le haut-katanga ,c pareil je soutient votre idée

  2. Il est aussi nécessaire que les organisations locales des Jeunes s’organisent en plateforme et réfléchir ensemble comment pouvoir tacler ces défis; la Jeunesse ne doit pas rester observatrice et attentiste…