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Petit dictionnaire du jeune marié à la congolaise

Le mariage est un des plus grands objectifs de la grande majorité des jeunes Congolais. Pour certains, il constitue même le rêve de la vie. Au cours des cérémonies et autres démarches qui ont précédé mon mariage, j’ai vécu certaines réalités que je m’en vais vous résumer dans un petit dictionnaire. Croyez-moi, il y a à la fois 1000 raisons de vouloir convoler en justes noces et 1000 autres de s’abstenir. 

Voici quelques mots du dictionnaire du mariage :

Argent

Au commencement était l’argent, semblait me dire un vieux marié. Bah ! Pas d’argent, pas de mariage, je dirais aussi. Surtout, ne pas venir avec des phrases toutes faites comme « l’amour d’abord, l’argent après ». Mais notre civilisation actuelle est fondée sur un rapport à l’argent, il est tout-à-fait normal que l’acte de faire porter la bague au doigt de son époux(e) ait son côté financier.

Conseils

Terrifié par l’idée de rater complètement sa vie de couple pour diverses raisons, on s’ouvre aux anciens. La question étant toujours : « Pourquoi dois-je me marier ?»

  • Oui tu sais, Guy, je suis devenu un homme épanoui depuis que je me suis marié.
  • Comment ?
  • Mais regarde-moi. Ai-je l’air malheureux ? Tu as tout intérêt à y aller.

Après avoir reçu conseils et avis, on se rend compte que ça ne suffit pas. Au fait, ce qui est à lire entre les lignes, c’est que les uns et les autres disent : « Entres et vois toi-même, c’est mieux ! »

Le temps

Quel est le moment idéal pour se marier ? Faut-il y aller quand on est tout jeune, un peu naïf et sans une bonne base financière ? Ou alors attendre quand on a acquis plus de maturité et qu’on est devenu aussi méfiant qu’un chat échaudé ? Le temps nécessaire pour répondre à cette question correspond à toute une vie. Alors, sans y trouver la réponse, on se décide : « J’y vais quand-même. Si entre-temps, je trouve des réponses, je saurais quoi faire. »  On se rendra compte un peu plus tard que d’autres questions plus coriaces émergent. Alors là, on tranche une fois pour toutes : « Marions-nous, cessons de philosopher.»

Vanité

La vanité de l’acte de mariage se trouve dans son coté cérémonial : Présentation devant l’officier de l’Etat civil, réception en famille, soirée avec les convives, sans oublier la messe (Pour les adhérents d’une confession religieuse). Tout est fait pour plaire aux uns et aux autres. Tout est dans l’œil de ceux qui prennent part à l’une ou l’autre cérémonie.

C’est à croire que si tout le monde était aveugle, il y aurait moins de solennités et de choses clinquantes. Au départ, on jurait pourtant qu’il vaut mieux épargner pour être bien en mesure de supporter le coût de la vie en couple. Mais, chemin faisant, on déclare : « Si je puis me payer tout ça pourquoi pas ? Pareille occasion ne se présente qu’une fois dans la vie. A moins qu’on ait un projet de se remarier un jour. »

L’après

C’est pour tempérer l’enthousiasme des jeunes tourtereaux qu’un sage souffle entre deux gorgées de rafraîchissements : « Le mariage c’est demain. Aujourd’hui c’était juste une cérémonie au cours de laquelle vous avez été déclarés mari et femme. » En effet, on a tellement investi dans le cérémonial qu’on en vient à oublier que le mariage c’est quand on se retrouve à deux à se poser des questions du genre : « Mais à quoi auront servi tous ces millions de francs congolais dépensés le jour de nos noces ? »

Quand survient ce genre de questions, alors le mariage a commencé. Il ne reste qu’à lancer de façon hypocrite à nos jeunes mariés : « Heureux mariage, les amis ! »

 

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