Ce slam-poème s’inspire de l’histoire de Prisca Efomi, philanthrope et entrepreneure sociale, présidente de la «Prisca Efomi Fondation» engagée pour l’épanouissement matériel, moral, financier et physique de nombreuses personnes, notamment celles vivant avec un handicap.
Je vous le partage en commémoration de la Journée internationale des personnes vivant avec handicap, pour célébrer les parcours de résilience et de dignité.
Elle s’appelle Prisca

Elle s’appelle Prisca
Elle est brune, elle est belle,
Jeune Congolaise dans la trentaine,
Si tu la regardes de la tête aux pieds
Peut-être qu’un élan de pitié t’effleurerait le cœur,
Car elle porte avec grâce l’identité
De personne vivant avec un handicap.
Elle s’appelle Prisca.
Et vingt-trois ans ont passé
Depuis que sa jambe a trépassé.
Elle n’a rien cherché,
C’est un de ces tours que la vie lui a joué.
Quel drame, cette histoire à ses sept ans :
Une petite imprudence,
Un corps projeté,
Le choc brutal qui traverse l’espace et le temps,
Et soudain, le destin se redessine.
De cette péripétie,
Sont nées des épines sur les roses de sa vie :
Les regards lourds qu’elle endure,
Les incapacités qui parfois lui sourient,
Une famille désarmée, soutien fragile,
Des journées qui se peignent en gris
Sous un ciel où le soleil semble hésiter à luire.
Beaucoup ont cru que sa vie se serait arrêtée là.
Mais Prisca…
Prisca est une fille pleine de rêves,
À la volonté de fer,
Et rien ne peut lui ravir
Cette furieuse envie de vivre.
Chaque jour n’est pas simple,
Certains matins sont plus lourds que d’autres,
Mais en chemin, elle a découvert une force,
Et une résilience qu’elle ne soupçonnait pas,
Une façon d’habiter son existence
Sans se réduire à ses limites.
Vivre avec un handicap,
C’est la possibilité de progresser,
Qu’importent les difficultés
Physiques, sensorielles ou mentales.
C’est la possibilité de re-questionner
La vraie nature de la force humaine.
Loin d’être une fatalité,
Son handicap l’a affiliée
À un autre monde, une autre culture,
Un autre langage au souffle singulier
Où le bonheur comme le malheur
Portent une profondeur nouvelle.
Elle a choisi de porter sa croix avec foi,
Non pour se courber,
Mais pour faire face aux défis de la vie.
Le seul véritable obstacle dans ce monde,
Ce n’est pas de manquer une jambe,
C’est plutôt la distance
Que les « normaux » lui imposent.
Par peur de la différence,
Trop peu osent regarder vraiment
Cette femme de fer
Au cœur vaste comme l’univers.
On lui reconnaît le droit de vivre,
Mais est-ce suffisant ?
Non.
Elle veut vivre avec les autres,
Avec nous autres,
Dans le même monde,
Sous le même ciel,
Avec la même dignité.
