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Emploi des femmes en RDC : les abus sexuels sont-ils le prix à payer ?

Dans les milieux professionnels, en particulier dans le secteur public, les femmes font face à une réalité difficile à dénoncer : le harcèlement sexuel lié aux rapports de pouvoir. Derrière certains recrutements, promotions ou missions professionnelles se cachent parfois des pressions, des propositions déplacées et des abus d’autorité.

Sophie[1] m’a dit avoir quitté son emploi après avoir subi des avances insistantes de la part de son supérieur hiérarchique. D’après ses dires, elle s’est retrouvée dans une situation inconfortable lors d’une mission professionnelle à Dubaï, son chef ayant cherché à créer des conditions pour se retrouver seul avec elle, sans véritable raison professionnelle. Émue, elle m’a dit avoir vécu ce séjour dans l’angoisse, malgré le fait que les chambres aient finalement été séparées.

Il m’a été aussi rapporté le cas d’une dame travaillant dans la fonction publique à Kinshasa. Ayant avoir refusé les avances de son responsable, elle aurait été rétrogradée. Une sanction professionnelle qui, selon elle, n’était pas liée à ses compétences mais à son refus de répondre aux attentes personnelles de son supérieur.

Ces deux situations ne sont pas des cas isolés. Dans plusieurs administrations, des femmes rapportent des comportements similaires de la part des hommes. Il peut s’agir de harcèlement sexuel, de menaces voilées, de blocage d’opportunité de promotion dans une carrière ou d’humiliations.

La Convention numéro 190 de l’Organisation internationale du Travail (OIT) reconnaît que la violence et le harcèlement dans le monde du travail peuvent prendre différentes formes et peuvent être liés aux rapports de pouvoir. Elle appelle les États et les institutions à mettre en place des mécanismes efficaces de prévention, de protection des victimes et de sanction des auteurs.

En RDC, la peur de perdre son emploi pousse nombre de victimes à garder le silence. Dans un contexte où les opportunités professionnelles restent limitées, certaines préfèrent supporter l’inacceptable plutôt que de risquer leur carrière. Les femmes mariées ne sont pas épargnées.

Le défi aujourd’hui est de passer du silence à la responsabilité. Les institutions publiques doivent renforcer les mécanismes de plainte confidentiels, protéger les lanceuses d’alerte et garantir que les victimes ne soient pas punies à la place de leurs bourreaux.

Un environnement professionnel sain ne devrait jamais dépendre de la capacité d’une femme à résister aux pressions d’un supérieur. Le travail doit rester un espace où les compétences, et non les faveurs personnelles, déterminent l’évolution d’une carrière.

 

 

[1] Le nom a été changé

 

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