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Les entreprises publiques, ce réservoir de compétences aux dépens de l’Etat congolais

La réalité montre que les sociétés publiques sont des réservoirs de compétences dont le pays a besoin. Seulement voilà, elles ne sont pas bien exploitées et finissent d’ailleurs par être piquées par des privés.

L’un des exemples de compétences négligées par l’État congolais, c’est dans les universités publiques. Les universités de Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani sont de loin, les réservoirs de grandes compétences scientifiques du pays. Elles ont produit la majeure partie de sommités connues en RDC. Pareil pour les hôpitaux publics, un bon nombre de meilleurs médecins du pays y travaillent. Mais il faut voir combien ces médecins négligés par l’Etat congolais brillent à l’étranger, en Afrique du Sud par exemple.

Les gouvernements successifs en RDC ne se sont pas préoccupés de valoriser toutes ces compétences. Certains intellectuels meurent dans la pauvreté, ou sont oubliés volontairement pour les affamer afin de les mettre au pas des politiciens qui veulent en faire des chantres. Ceux qui n’obéissent pas à ces logiques, ou encore ceux que l’Etat ne recrute pas ou ne sait pas entretenir, proposent leurs services aux privés. Et là-bas, ils font un travail extraordinaire, tout simplement parce qu’ils sont mis dans de meilleures conditions.

Alors on ne s’étonne pas qu’en RDC, les hôpitaux qui semblent rassurer les patients, ou encore les universités qui semblent avoir le vent en poupe çà et là, appartiennent à des privés. Mais ils sont pleins de fonctionnaires de l’Etat, d’agents formés par l’Etat congolais, ou du moins, ayant été embauchés par ce dernier.

Des compétences non exploitées

Un autre exemple ? Tous ceux qui vivent dans les régions aux ressources naturelles abondantes, comme Lubumbashi-Kolwezi, Mbuji-Mayi ou Bunia… le savent bien. Les grandes compétences connues dans la gestion et l’exploitation des ressources minérales ou forestières, sont des agents de l’Etat congolais. Bien entendu, des jeunes de plus en plus compétents ont été aussi formés ces dernières décennies, et sont en train de prendre en main davantage de choses.

Mais ceux qui savent encore comment et où trouver des gisements de cobalt, de diamant, sont des fonctionnaires publics. Curieusement, là encore, ils sont embauchés pour la plupart par des sociétés privées. Ces dernières, dans l’ancien Katanga, par exemple, se trouvent même en situation de concurrence avec la Gécamines. C’est-à-dire, des employés de l’Etat se retrouvent, comme dans certaines universités ou dans certains hôpitaux d’ailleurs, en train de soutenir une concurrence contre leur employeur permanent.

Un dernier exemple : la RTNC !                                                            

Lorsque vous suivez les programmes de l’audiovisuel public de la RDC, la RTNC (Radio télévision nationale congolaise), très vite une vague de dépit vous envahit. Durant une telle expérience, la « zappette » vous porte sur plusieurs canaux concurrents des télévisions nationales ou locales. Hormis quelques programmes intéressants comme « Le panier », diffusé en matinale dans la semaine sur la télévision.

Mais, ce que les gens ignorent, en RDC, c’est que le mal de l’audiovisuel public congolais n’est pas forcément l’incompétence mais plutôt un problème de système. Sinon, comment comprendre que les mêmes journalistes, une fois mis dans des environnements plus concurrentiels où ils obéissent à d’autres principes plus professionnels, ils brillent ?

Tous nous connaissons des anciens de la RTNC qui ont brillé dans les médias privés, à Kinshasa, à Lubumbashi ou à l’étranger. Certains signent des correspondances ou de très bons reportages pour des tiers, mais ne semblent pas briller dans leur « alma mater ».

Bref, la triste réalité est là : dans ses entreprises, l’Etat congolais a de réelles compétences, peut-être pas très nombreuses, mais à ce jour vraiment importantes. Le problème, c’est qu’elles sont mal affectées, mal utilisées ou pas du tout. Et de ce fait, la nature ayant toujours horreur du vide, ces compétences profitent aux privés qui n’ont pas investi en elles. De la même façon qu’au Congo, et dans certains pays africains, les meilleurs sont un jour ou l’autre obligés de s’en aller. De voir ailleurs !

#FailliteEntreprisesRDC

 

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