Être journaliste/blogueur dans un pays très surveillé : mode d’emploi

La liberté de la presse et dans une certaine mesure, celle d’informer, a connu un recul en RDC en raison des tensions politiques. Journalistes, blogueurs, lanceurs d’alertes ou simples citoyens sont devenus des cibles des services de sécurité qui les traquent et les espionnent en ligne ou hors ligne. Habari RDC vous propose un petit mode d’emploi.

Surveillance intérieure

En RDC, il y a une année et quelques mois, à l’approche des manifestations de septembre 2016 planifiées par l’opposition, des barrages routiers et des patrouilles mobiles étaient érigés dans les grandes villes du pays. Hormis les pièces d’identités et les coffres des véhicules soumis à un contrôle systématique, ce sont les contenus des téléphones portables qui ont été visés. Les messages et images (même humoristiques) hostiles au pouvoir étaient dès lors suffisants pour que leurs détenteurs fassent l’objet d’une arrestation. Au-delà des citoyens lambda, ce sont les journalistes et les activistes qui sont le plus souvent dans le collimateur des services secrets.

Surveillance extérieure

Les révélations du lanceur d’alerte américain Edward Snowden avaient indiqué que la RDC était le pays le plus espionné par la NSA (l’Agence de renseignement nationale) américaine. Si la NSA cible en général les têtes du régime, elle accorde également un intérêt particulier aux journalistes et activistes de tous bords.

Comment utiliser la technologie quand on est journaliste ?

  1. Ne gardez pas de données sensibles sur votre ordinateur ou votre téléphone. Des serveurs sécurisés comme Mega.co.nz stockent et cryptent vos données.
  2. Ne vous connectez pas à votre boîte e-mail avec un ordinateur public (cybercafé). Utilisez votre propre matériel pour plus de sécurité.
  3. Faites attention aux réseaux wifi ouverts et gratuits (dans les aéroports, hôtels ou restaurants).
  4. Lorsque vous êtes dans une chambre d’hôtel, de préférence éteignez la lumière la nuit et activez la caméra de votre téléphone. Promenez-la dans toutes les pièces dans un noir absolu. Si une lumière rouge apparaît à l’écran, cela signifie que la chambre est équipée d’une caméra de surveillance ou d’un dispositif d’écoute.
  5. Si vous êtes obligé de consigner votre téléphone avant d’entrer dans un bâtiment (protégez-le avec un mot de passe) et retirer la batterie et la carte mémoire.
  6. Si vous êtes sur le point d’être arrêté, réinitialisez le téléphone en supprimant toutes les données (Facebook, Gmail, photos et vidéos internes) par : *#7370# pour Nokia Lumnia 930 et 920, *2767*3855# Tecno Y2 et plus, *2767*3855# pour Samsung Galaxy A2 et versions similaires.
  7. Si pour des raisons quelconques, l’Internet est censuré, utilisez un VPN comme Ultra Surf. Facile à configurer, vous pouvez aussi le copier sur une clé USB et le lancer sur une machine qui n’est pas la vôtre pour naviguer en toute sécurité.
  8. Si votre téléphone est volé, réinitialisez immédiatement les mots de passe de vos comptes sociaux et mails, pour éviter que le voleur n’y pénètre directement.
  9. Des applications comme PhoneClone peuvent permettre de cloner votre téléphone sur un autre pour y transférer vos données. Ne laissez jamais votre téléphone sans surveillance, ne le confiez pas à réparer à n’importe qui et surtout, installez-y un anti-virus. Cela vaut aussi pour votre ordinateur portable.
  10. Si vous appliquez la solution 6, utilisez un logiciel de récupération des données effacées comme Recuva ou Easy Recovery pour restaurer les éléments supprimés. Si vous souhaitez définitivement effacer des données et empêcher toute récupération, formatez votre disque dur et faites passer dessus un aimant en néodyme (aimant en terres rares).

 


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