Goma perd des millions de dollars à chaque journée ville morte

Lors des journées ville morte ou des marches pacifiques et autres manifestations politiques de mouvements citoyens ou de l’opposition qui paralysent les activités, la ville de Goma enregistre des pertes économiques énormes.

Pour Tchernozem Kambale, secrétaire général de l’Union nationale des travailleurs du Congo (UNTC) au Nord-Kivu, les journées ville morte ruinent l’économie du pays. Les commerçants se plaignent de ces moyens de revendication utilisés par l’opposition et les mouvements citoyens. Les tenanciers des boutiques et des différents commerces suivent les consignes de ville morte plus par peur de perdre leurs avoirs que par conviction.

« Quand une ville morte ou une marche pacifique est annoncée, je préfère rester à la maison par crainte de perdre mes  marchandises. On ne sait jamais ce qui va réellement se passer pendant une journée ville morte ou une marche pacifique. S’il y a débordement, il y a risque d’enregistrer de grosses pertes dues aux pillages par des manifestants ou des agents de l’ordre qui ne manquent pas de profiter de telles occasions », confie Charmante Kavira, propriétaire d’une boutique dans le centre-ville de Goma.

Des ventes en baisse

Certains sont obligés de travailler malgré les journées ville morte. Ils n’ont pas le choix. Ce sont les Juwa Kali, comme on les appelle à Goma. Ils vivent au jour le jour. Ne pas travailler est synonyme de dormir le ventre vide ! C’est le cas de Dieudonné Muhindo, vendeur de produits alimentaires à Birere, le centre commercial de Goma.

Il explique : « Il m’est difficile de rester à la maison alors que je n’ai pas de quoi nourrir mes enfants. Ville morte ou pas j’ouvre ma boutique car je vis au jour le jour. Malheureusement, une journée ville morte est vraiment morte car même la clientèle baisse, les recettes quotidiennes diminuent comparativement aux autres jours. Mais le plus important pour moi c’est d’avoir quelque chose que je peux ramener à la maison le soir pour vivre. »

Près de 5 millions de dollars de perte

Tchernozem Kambale explique en détail ces pertes que la population de Goma enregistre dans le secteur informel : « C’est pas moins de 5 millions de dollars américains de perte pour une journée rien que dans la ville de Goma. Dans le secteur des transports en commun par exemple, les bus font circuler en moyenne 1 million de dollars dans le circuit économique par jour. Les taxi-motos, pour leur part, mettent en circulation environ 600 000 dollars américains par jour. 2 ou 3 millions pour des marchés et des commerçants ambulants. Bref, quand il y a une journée ville morte, Goma perd des millions de dollars. » À noter qu’il s’agit des chiffres issus des statistiques de l’Union nationale des travailleurs du Congo au Nord-Kivu.

Et le secrétaire général de l’UNTC ajoute : « Ce qu’on enregistre comme perte pendant une journée ville morte est difficilement récupérable. Cela cause un manque à gagner au Trésor public. » Tchernozem Kambale exhorte les initiateurs des manifestations comme les journées ville morte ou les marches à tenir compte de cette situation.

Par contre, d’autres Congolais expliquent que les marches pacifiques et les journées ville morte sont des moyens ultimes pour faire entendre les revendications de la population, surtout dans ce pays où les autorités restent sourdes au revendications verbales. Le manque à gagner au Trésor public ne provient pas que des marches et des journées ville morte, mais aussi et surtout des détournements des derniers publics dans les différents services de l’État.

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