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Goma : la police et la société civile pour les libertés publiques

Du 13 au 14 novembre Congo Peace Network (CPN), partenaire de Habari RDC, a organisé un débat sur le thème : « Respect de l’exercice des libertés publiques pour la construction d’un Etat de droit en RDC. » Au nom de Habari RDC, j’ai pris part à ce dialogue entre les autorités politiques, administratives et civiles, des étudiants et des activistes du mouvement citoyen Lutte pour le changement, Lucha.

Manifestation pacifique, je pense qu’il n’y en a eu que très peu dans ma ville de Goma. Toutes les manifestations qui s’y organisent se transforment en échauffourées entre les agents de l’ordre et les manifestants.  Des échanges virulents et musclés à l’issue desquels on compte des casses, des incarcérations, du vandalisme, des blessés et même mort d’homme.

Pendant les échanges sous la houlette de Congo Peace Network Dialogue, ce fut pour nous tous l’occasion de discuter, sans passion, des comportements déplacés des uns et des autres lors des manifestations publiques et de chercher les moyens d’y remédier.

S’il n’y a pas provocation des militants, la police ne peut pas réagir

Prenant la parole, Johnson Ishara, président du parlement des jeunes du Nord-Kivu a déploré la répression brutale et musclé de la police contre les manifestants. Il pense que la police devrait être lente dans ses réactions.

Kauma Lemba Sebastien, colonel de police, dit que c’est dans le camp des manifestants que commencent les injures et les provocations. « No réaction de manifestants, no [mauvais] comportement de la police », a-t-il indiqué. Et d’ajouter : « Quand les manifestants lancent des propos vexatoires contre la police, ils la défient. Pourtant elle est pacifique. »

Il a rappelé que la mission de la police est de garantir la protection des libertés et des manifestations publiques. La police est là pour servir la nation et la population. « La population et les policiers sont des alliés », a-t-il renchéri.

En finissant son speech, le colonel a dit : « Là où se terminent vos libertés, c’est là où commencent celles des autres. En protestant, vous n’avez pas le droit de nuire à la liberté des autres en barricadant les rues ou en vandalisant les biens publics. »

De son côté, Félicitée Mugombozi, avocate, a précisé que les libertés publiques ne se limitent pas seulement à la liberté de marcher. Selon elle, le niveau de la démocratie est jaugé par rapport au respect des droits humains. Elle a rappelé que notre tâche première, nous en tant que ressortissants de ce pays, c’est celle de construire une belle République.

A la fin de ce cadre d’échange, un mémorandum a été rédigé par tous les participants reprenant neuf recommandations dont :

  • L’accélération de la réforme de la police ;
  • La réprimande des actes de vandalisme ;
  • La multiplication des cadres d’échanges entre la police, les autorités et la société civile pour un rapprochement des points de vue ;
  • L’amélioration des conditions de travail des policiers ;
  • La sensibilisation de la population sur leurs droits et devoirs…

 

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