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RDC : gratuité de l’école ou mise à mort de la qualité de l’enseignement ?

L’effectivité de la gratuité de l’école primaire remet à l’Etat congolais son devoir d’assurer complètement la rémunération des enseignants. Paiement jusqu’ici garanti jusqu’à 66% par les parents. Cependant, notre pays ne mobilise pas toujours assez de fonds pour réduire ces graves difficultés de paiement. Et cela, même en prenant désormais entièrement ses responsabilités.

Le concept est tout beau mais pas nouveau. Car jusqu’à l’époque du maréchal Mobutu, en 1990, la gratuité était effective et le roi du Zaïre s’évertuait à payer, quoiqu’un maigre salaire, quelques enseignants : ceux des écoles publiques, notamment, et seules les anciennes unités.

Cette  piètre rétribution devint rarissime, l’Etat n’ayant plus un rond pour entièrement assumer ses responsabilités. C’est alors que les parents décidèrent d’appuyer les enseignants avec des paiements mensuels, pour que leurs enfants étudient.

Et le pays fut sauvé

Nos parents, grâce à leurs contributions, ont sauvé et pérennisé l’éducation en RDC, jusqu’à ramener le taux d’alphabétisation à 77.3 %. Les enfants fréquentent depuis les écoles publiques.

La plupart des écoles dirigées par l’administration publique sont pourtant dans un piteux état. Certaines n’ont même plus de bâtiments viables, et la qualité de l’enseignement y est d’ailleurs douteuse.

C’est vers les écoles conventionnées catholiques ou protestantes que la plupart des parents se tournent. Ils espèrent y trouver de la qualité, rêvant d’un enseignement « sérieux » et de qualité comme à leur époque, ou à l’époque coloniale.

Ce sont pourtant ces écoles qui subissent le revers amer de la gratuité. Salaires des enseignants incertains pour les nouvelles unités, et réduits pour les autres. Des conditions d’apprentissage défavorables. Sans oublier sur cette longue liste, les frais de fonctionnement des écoles.

A qui  profite-t-elle finalement ?

Les grèves vont bon train, les enfants chôment, les enseignants sont déjà non payés. La qualité et la crédibilité de l’enseignement en RDC sont ici menacés. J’ai la désagréable impression que la gratuité a été prise sur un coup de tête. Car notre pays n’en a pas les moyens.

Si l’inspiration d’une telle décision est louable, sa réalisation, je pense, est purement politique. Une illusion, en effet, pour calmer les masses populaires. L’Etat ferait mieux de s’attaquer à la racine de nos maux, à savoir la pauvreté et la faim. Avec ces deux non résolues, 3.5 millions d’enfants seraient sur le chemin de l’école.

 

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