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Gustave Batubenga : raconter la RDC en peinture

Dénoncer les massacres de Beni, se révolter contre les violences faites à la femme, s’insurger contre l’utilisation des armes à feu ou parler de politique, c’est possible avec pinceaux et crayons. Reportage photo dans l’univers de l’artiste plasticien Gustave Batubenga de Lubumbashi.

Génie créateur d’images pour ne pas dire des mots, Gustave Batubenga est ingénieur civil de formation. Mais sa formation ne l’éloigne pas de sa passion pour l’art. Il peut ainsi étonner par la qualité et l’originalité de son travail.

Un artiste qui dénonce les massacres de Beni

Gustave dépeint un Congo en pleurs, pour dénoncer le regain d’insécurité et d’atrocités qui frappent les compatriotes de l’est de la RDC, particulièrement à Beni dans le Nord-Kivu. Sur le fond d’une carte de la RDC apparaît, comme en surcharge, le drapeau national.

On aperçoit la partie orientale du pays toute en rouge, qui dénonce le sang qui a énormément coulé à cause des guerres qui n’en finissent pas. Une femme apparaît au premier plan avec dans ses bras un enfant, en pleurs. Leurs regards sont tournés vers nous, vers Kinshasa et le monde, pour que ça change !

La femme, toujours victime des violences

Les violences faites à la femme et à la jeune fille sont monnaie courante en République Démocratique du Congo. Elles sont exaspérées par les guerres à répétition. Généralement, les auteurs de ces violences restent impunis. Les victimes vivent dans une terreur que l’artiste Gustave Batubenga pointe du doigt. Briser le silence apparaît alors comme un appel au changement.

Les violences sont ainsi très présentes dans l’œuvre de Gustave Batubenga. Il peint aussi les armes à feu qui contribuent à la commission de nombreux forfaits, comme on peut le voir sur le troisième tableau. On comprend alors qu’il n’y a pas d’autre alternative que de lutter contre la prolifération d’armes à feu en RDC.

Tshisekedi, le témoin et l’homme de gauche

L’artiste a aussi un regard percutant sur la politique congolaise, de l’indépendance à Joseph Kabila. Le témoin de toute cette période, mais aussi acteur, c’est l’opposant Etienne Tshisekedi. Un hommage à l’opposant historique qu’il décrit comme l’homme de gauche, placé à gauche sur trois portraits, aux côtés de trois anciens présidents de la RDC : Mobutu et les Kabila.

En effet, Etienne Tshisekedi s’est taillé une personnalité particulière en s’opposant à tous les régimes qui se sont succédé en RDC, se faisant passer de surcroît comme le père de la démocratie congolaise.

Dans l’exercice de son art, Gustave Batubenga constate, malheureusement, que la peinture n’a pas de vrai public à Lubumbashi. Pour lui, la population croit à tort que la culture est seulement composée de la danse et de la musique. Difficile alors de vivre de la peinture. Pourtant, en regardant ses tableaux, on finit par s’émerveille et nos esprits sont  retournés.

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Les commentaires récents (3)

  1. C’est mieux que rien, le voyage de 1.000 km commence par 1 pas… aujourd’hui des simples tableau, demain l’histoire notera une expression d’un eveil de conscience dans la jeunesse congolaise. Courage a l’artiste !

  2. COURAGE à l’artiste que je connais bien et.qui a un vrai talent à modeler et encadrer également, en plus de l’encourager.

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