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Il faut enquêter sur les auteurs des massacres en Ituri

Ces derniers mois, la province de l’Ituri au nord-est de la RDC alimente l’actualité. Une actualité macabre. Des massacres à répétition perpétrés par des groupe armés qualifiés d’« inconnus ». Mais on sait que ce sont deux communautés qui s’affrontent dans le territoire de Djugu : les Hema et les Lendu. La cohabitation établie il y a plus de 15 ans est désormais mise à mal par des attaques et des représailles en tout genre. Tantôt  on voit des corps sans vie gisant au sol, tantôt des cases et des maisons brûlées, du bétail égorgé….

Un bilan lourd qui risque de conduire à une crise humanitaire comme c’est le cas aujourd’hui dans les Kasaï où les miliciens Kamuina Nsapu ont semé terreur et désolation.

Depuis février, plus de 40 000 Congolais se sont réfugiés en territoire ougandais, fuyant les violences entre communautés Hema et Lendu. 200 000 déplacés sont signalés en périphérie des zones de tension. Selon des sources locales, plus de 100 personnes ont déjà péri dans ces nouveaux affrontements entre les deux communautés, dont le conflit date depuis des années.

Pourquoi encore l’Ituri ?

La question reste sans réponse en dehors des quelques récupérations politiques à travers des déclarations sur les médias. Une partie de l’opposition pense, par exemple, qu’il s’agit d’une instrumentalisation de ces communautés par le pouvoir pour entretenir une nouvelle zone de tension afin de retarder les élections. Le pouvoir parle plutôt des manœuvres entretenues par des ennemis de la paix. La population, quant à elle, ne sait à quel saint se vouer pendant que les politiciens se renvoient la balle. Or, laisser pourrir la situation pour qu’il y ait toujours des morts afin d’accomplir sa vision politique, est un dessein criminel et ridicule. Il faut identifier les auteurs des massacres et leurs complices pour les juger et les mettre hors d’état de nuire. L’Ituri mérite des solutions sécuritaires durables.

Le traditionnel appel au calme sans effet

Cette situation en Ituri, qui désormais se rapproche de celle de Beni, est d’une gravité telle que  le gouvernement doit agir. Il faut des actions et non de simples paroles à la radio. Après les massacres, les autorités étatiques ou les délégations de la communauté internationale se déploient en apportant un semblant d’aide aux rescapés, et se contentent de lancer le même message sans impact : « Nous appelons la population au calme et à la retenue. » Et c’est tout. Mais où est la solution ? Nulle part ! La paix ne peut venir d’une simple déclaration des officiels ou de la communauté internationale. L’Ituri mérite donc une attention particulière. Il faut s’attaquer aux causes de ce conflit plutôt qu’à ses conséquences mortelles.

Des massacres à Beni, des massacres au Kasaï et encore des massacres en Ituri. C’est trop ! Les mêmes scenarios qui produisent les mêmes effets : des morts, des pillages, des exactions, des épidémies, des déplacements massifs des populations… A qui cela profite ? Face à une telle tragédie, de simples déclarations ne suffisent pas.

 


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Les commentaires récents (1)

  1. Triste et porteur de germes de motivation pour rendre notre pays imbibé d’un esprit de paix et des coeurs réconciliés…

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