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Les jeunes accros aux aphrodisiaques

« Pas de sexe sans aphrodisiaque ». Le recours aux aphrodisiaques pour assurer la performance au lit est en train de devenir une coutume chez les jeunes Kinois… Certains recourent aux produits traditionnels, d’autres utilises les médicaments trouvés en pharmacie.  

Une pluie diluvienne vient de s’abattre sur la capitale Kinshasa. Les jeunes de Kimbongo mettent la mains à la pâte pour canaliser les eaux de pluie qui se déversent sur une avenue. Deux heures plus tard, un marchand ambulant s’invite sur les lieux du chantier. Il a amené avec lui des produits aphrodisiaques dits « naturels », des tiges de plantes sèches ou des poudres en provenance du « Congo profond », tel le « Ankoro » (nom donné à un produit aphrodisiaque local) qui porte le nom du village de sa provenance dans le Tanganyika. A la vue du marchand, de nombreux jeunes abandonnent les travaux communautaires et partent à sa rencontre.

Des produits aux effets miracles 

L’homme se retrouve subitement entouré d’une bande de curieux et commence par fournir des explications sur l’utilisation de ses produits. « Avec ça, on peut s’attendre à des effets miracles lors des rapports sexuels je vous assure» détaille-t-il. « Cela va de l’agrandissement progressif du sexe au contrôle de son éjaculation lors d’un rapport sexuel », ajoute-t-il.

Certains de ces aphrodisiaques à entendre leurs noms donnent des frissons aux femmes tel celui qu’on surnomme en lingala « Boma Mama », littéralement  « tue la maman » ou encore Kita Mata « descend et monte », Mongoboro, Kimbiolongo, Ankoro…

Le sexe, un combat plutôt qu’une partie de plaisir

Une jeune femme, la trentaine révolue, assiste à la scène assise juste à côté du groupe et commence à s’agacer. Elle lance à l’égard d’un  de ses cousins présents : « Jean, as-tu une femme pour assouvir la soif qui naîtra de la consommation de ces produits ? Eh papa !» renchérit-elle, « tu risques d’en  violer une par excès d’excitation ! ».  A Jean de répliquer tout sourire en absorbant sa potion magique dans une bière froide commandée sur le champ : « C’est juste pour me stimuler à bien travailler pour l’amélioration de l’état de notre route ».

La recherche de la performance et non du plaisir 

Non convaincue mais surtout abattue par l’attitude de son cousin, elle s’écrie avec regrets : « Ah ! De nos jours, faire l’amour n’est pas toujours une partie de plaisir mais bien un combat dont vous les hommes voulaient sortir gagnants à tous les coups. »

Pendant qu’elle parle, avant même qu’elle ne finisse ses conseils de femme sage, la marchandise du vendeur se vide. Certains jeunes boivent leur potion magique sur le champ, d’autres disparaissent pour mettre à l’abri leur potion magique avant de réapparaître quelques minutes plus tard.

Des produits qui pourraient être nocifs

De nos jours à Kinshasa, ces produits se vendent partout y compris aux coins des avenues à même le sol. Pire encore, parfois, ce sont des mineurs qui en sont les vendeurs. Ils ont malheureusement la responsabilité d’expliquer, à des clients souvent plus âgés qu’eux, le mode d’emploi et les précautions à prendre avant d’en user. Comment font-ils pour tester l’efficacité de leurs produits ? Est-on certains que ces aphrodisiaques ne constituent pas un danger pour la santé des utilisateurs ?

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Les commentaires récents (1)

  1. pouvez vous me donner les noms en lingala des aphrodisiaques ci-dessous:
    -Poivre de Guinée ou maniguette ;
    -Asperge;
    -Safran;
    -Truffe.
    Merci d’avance

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