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Pour les jeunes kinois, les bibliothèques sont démodées.

En fréquentant tour à tour plus de huit bibliothèques dans la ville, j’ai été étonné par l’absence criante d’étudiants et d’élèves. Bibliothécaires, étudiants et élèves m’ont expliqué le pourquoi de cette situation.

Pour Yvette Ngonga, une ancienne bibliothécaire à Kimwenza, dans la commune de Mont-Ngafula, la jeunesse ne s’intéresse plus à la lecture et c’est cela qui cause la baisse du niveau d’instruction au pays. « À cause de plusieurs distractions comme la télévision, les réseaux sociaux, les étudiants ne viennent lire qu’à la fin des années académiques soit pour les mémoires soit pour les travaux de fin de cycle », m’a-t-elle expliqué en secouant la tête en signe de déception.

Une raison qui fait appel à d’autres

Au CEDSURK, Centre de documentation de l’enseignement supérieur universitaire et recherche à Kinshasa, seuls quelques chercheurs et à peine deux à trois étudiants non-finalistes sont trouvables dans la grande salle de lecture de ce centre. Il faut cependant reconnaitre que les livres électroniques sont de plus en plus répandus chez les jeunes kinois et présentent une facilité d’usage et d’accessibilité.

Selon Frank Teta, étudiant à l’Institut facultaire des sciences de l’information et de la communication (IFASIC), toutes les documentations sont présentes sur internet et les bibliothèques demeurent pour des recherches plus raffinées. Est-ce que cela explique la réalité dans son ensemble ? Est-ce qu’avant la venue du numérique le Kinois s’intéressait aux bibliothèques  ?

Richesse, une étudiante à l’Université de Kinshasa, à une autre opinion. « Nous sommes tellement coincés par les horaires universitaires qu’on manque de temps pour faire la documentation supplémentaire », pense-t-elle. Selon elle, seuls des finalistes fréquentent les bibliothèques car ils sont relâchés par leurs universités.

Quant à Patrick, élève à l’Ecole primaire Bumba à Lemba, l’absence d’une bibliothèque dans son école justifie son manque d’enthousiasme pour la documentation personnelle. Cependant il aimerait devenir un grand lecteur dans l’avenir.

S’étant rendu à l’Institut Français de la Gombe, j’observe un engouement de lecture. Dans la journée des va-et-vient d’élèves sont fréquents dans la bibliothèque. Pour la bibliothécaire, «  la lecture est une culture à inculquer dès le bas âge et elle ne peut être abandonnée dans l’avenir  ». Elle souhaite que les bibliothèques scolaires de toutes les écoles de la capitale et pourquoi pas de toute la République démocratique du Congo soient virtuelles et classique à la fois.

On estime le niveau de maturité d’une population par son niveau d’instruction. L’éducation est la clé de voûte pour la distinction et le développement de notre pays.

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