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Justice à la congolaise : on juge les pillards, on laisse les tueurs

Après les morts et les pillages lors des manifestations de l’opposition du 19 et 20 septembre, le gouvernement essaie de montrer que l’impunité n’existe pas en RDC. Il a lancé des poursuites judiciaires contre les présumés pillards de ces jours-là. 

Là où le bât blesse, c’est lorsque la justice poursuit uniquement les présumés pillards, et laisse libres les auteurs des massacres des 19 et 20 septembre. C’est comme si en RDC, les morts comptaient moins que les biens pillés.

Aucun procès jusqu’à présent contre les policiers qui ont tiré à balles réelles sur les manifestants faisant une centaine de morts selon différentes sources indépendantes. En réalité, ces poursuites contre les pillards ne sont qu’une vengeance du gouvernement, tant on sait que la quasi-totalité des biens pillés appartenaient aux membres du régime de Kabila. Au lieu de pleurer les morts, la majorité présidentielle pleure ses propriétés saccagées par les manifestants.

Les tueurs restent impunis 

En refusant de traduire en justice les auteurs des massacres des 19 et 20 décembre, le gouvernement prouve à quel point il est coupable dans ce dossier. Car si les policiers qui ont massacré doivent répondre de leurs actes en justice, ils diront certainement qu’ils avaient reçu l’ordre de tirer. Or, tout le monde sait que dans les services commandés, l’ordre vient toujours d’en haut.

A voir le nombre de balles réelles gaspillées ces jours-là contre une marche pacifique autorisée, nul doute que l’ordre de tirer venait du sommet de l’Etat. Raison pour laquelle les auteurs de ces tueries sont bien protégés.

Quoi qu’il arrive, les Congolais savent déjà qu’ils ne peuvent rien espérer d’une justice aux ordres de Kabila. Tous les regards sont tournés vers la Cour pénale internationale. Les crimes du régime sur les civils ont dépassé les bornes et ne peuvent rester impunis.

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