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Kampala : quand la pauvreté côtoie la richesse

A Kampala, dans la division de Nakawa la richesse côtoie de très près la pauvreté. Ce contraste est révoltant. Quand nous avons visité Nakawa en ce mois d’octobre, nous avons découvert de tristes réalités qui hélas sont courantes en RDC et partout en Afrique subsaharienne. Ce sont ces réalités que l’équipe de Habari RDC, Yaga et This is Africa vous fait découvrir dans ce billet.

À Kampala en Ouganda, nous restons souvent à l’hôtel. La plupart de nos sorties nous les faisons dans le centre-ville. Mais un jour, nous avons décidé de visiter d’autres quartiers de la capitale ougandaise, et c’est là que nous avons découvert d’autres réalités de Kampala. En fait, nous avons compris qu’il existe plusieurs Kampala ! D’une part, il y a le Kampala rempli de buildings et de grosses voitures, là où vivent les riches et les grands hommes ; d’autre part il y a le Kampala des quartiers pauvres et des bidonvilles. C’est le cas des quartiers Kasenke, Naguru et Binyonyi dans la division de Nakawa. Ici la vie des populations laisse transparaître la pauvreté et la misère noire. Mais le plus surprenant est que les quartiers riches et les bidonvilles vivent côte à côte. Les habitations des riches et celles des pauvres se mêlent et s’entremêlent créant un contraste inimaginable !

Vue du quartier riche de Naguru hill.

A notre arrivée dans le quartier Kasenke, nous nous sommes posés la question de savoir comment les riches et les pauvres vivent-ils ce contraste. Cette véritable fracture sociale où les uns sont hyper riches dans des immeubles de 8 à 10 étages et les autres hyper malheureux et misérables dans des taudis et autres habitations précaires. Les deux parties vivent ensemble sans s’intégrer.

Vue des quartiers pauvres de Kampala.

Dans le quartier Katale 2, les signes d’extrême pauvreté des populations sont manifestes. Pas de routes, pas d’eau ni d’électricité en permanence. Pas même de latrines individuelles. Le seul centre de santé du quartier est situé très loin et n’est pas accessible à tout le monde. Les enfants reviennent de l’école à pieds alors que juste à côté, les enfants des riches sont ramenés à la maison en voiture aux vitres fumées. Nous avons rencontré l’un des responsables du quartier Katale 2. Son bureau ressemble à tout sauf à un bureau officiel. Souvent il travaille en plein air, simplement assis un banc en bois. Ce jour-là, nous l’avons trouvé en train d’enregistrer de nouveaux habitants du quartier.

Le chef enregistre les habitants.

Beaucoup de ceux qui vivent dans les quartiers Katale, Binyonyi, Naguru et Kasenke viennent de différents villages de l’intérieur de l’Ouganda. Ils pensent trouver de meilleures conditions de vie à Kampala, mais le plus souvent ils sont déçus. Il n’ont pas d’emplois : les femmes se débrouillent en revendant des légumes, tandis que les hommes sont agent de sécurité ou conducteur de taxi-moto.

Les femmes du quartier Katale 2.

Nous avons demandé aux femmes comment elles arrivent à tenir dans ces conditions. Pour madame Anyongo Goeti habitante de Katale 2, la première difficulté que rencontrent les femmes, c’est le manque d’eau courante. Elles ont besoin de cette eau pour boire, faire la vaisselle ou la lessive, se laver ou laver les enfants. Problème : il n’y a pas de pompes ni de robinets individuels. Des ONG ont construit deux bornes fontaines pour l’ensemble du quartier. C’est là que les femmes doivent aller faire la queue pour trouver de l’eau. « C’est un calvaire ici. Il faut parcourir toute cette distance pour chercher de l’eau. Parfois les enfants vont à l’école sans s’être lavés. C’est chiant », se plaint Anyongo Goeti.

Une borne fontaine au quartier Binyonyi.

Autre problème évoqué par cette femme, la difficulté de trouver de la nourriture. « Ici nous mangeons une fois par jour et difficilement. Certains parmi nous mangent une fois tous les deux jours. Nous n’avons pas de revenus pour nous assurer une bonne alimentation », nous raconte-t-elle. Selon Anyongo Goeti, les personnes vivant avec le VIH peuvent passer plusieurs jours sans prendre leurs antirétroviraux simplement parce qu’ils ne peuvent pas les prendre sans avoir mangé. Et d’ajouter : « Par contre, les riches qui sont nos voisins mangent de bonnes choses : la viande rouge, le poulet; ils boivent du lait… Nous n’avons pas de moyens pour nous permettre un tel régime. »

Les enfants pauvres mangent.

Ce billet collectif a été écrit par Jean-Hubert Bondo de Habari RDC,  Joué de This is Africa, Idriss Muhoza de Yaga et Roland de la communauté de blogueurs d’Ouganda.  

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Les commentaires récents (1)

  1. Article poignant, merci de nous faire découvrir certaines réalités parfois communes de notre continent. Cela nous appelle à travailler davantage afin de nous développer personnellement et collectivement…

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