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Le génie congolais du recyclage et de l’écologie

De passage au rond-point Victoire, sur l’avenue portant le même nom, je vois un robot humanoïde qui régule la circulation. Un ami me raconte qu’il s’agit bel et bien d’une invention congolaise. « Ah bon ? Ce n’est pas vrai ! », je m’exclame. L’auscultant un peu, je découvre qu’il fonctionne à l’énergie solaire. Cette innovation congolaise n’est pas la seule !

Le « Mbabula ya chaud-chaud »

Voici le brasier à pile combustible appelé « Mbabula ya chaud-chaud ». A Kinshasa, faute de régularité du courant électrique, la population a recours au charbon pour préparer la nourriture. Depuis quelques années, « nous n’utilisons plus le traditionnel brasier qui consomme trop de braises », me raconte une ménagère. Elle préfère utiliser cette nouvelle invention qui ne fonctionne qu’avec des déchets de charbons. Composé d’un tuyau dans lequel sont rangées trois ou quatre piles pour alimenter l’induit qui souffle constamment quelques poussières de braises, cette invention constitue la nouvelle vedette des cuisines kinoises. « Depuis que j’utilise ce brasier, j’économise de l’d’argent, je prépare assez vite et j’utilise peu, très peu de braises. » Le charbon coûte aux femmes en moyenne14000 fc la semaine,  là où les piles coûtent 2000 fc (2€) pour deux semaines et les déchets de charbons sont soit ramassés, soit achetés à bas prix, dans les marchés.

Bouteilles à tout faire

En second lieu, les bouteilles plastiques. On ne peut pas se promener dans une rue sans voir par terre une masse des bouteilles jetées par les passants. Afin de leur donner une seconde vie, Monsieur Mboma Héritier a imaginé de nouveaux usages pour ces bouteilles. Ayant fait un creux au milieu, il les utilise comme pots de fleurs dans lesquels il plante des jolies variétés de différentes couleurs, qu’il suspend sur le mur de sa maison. D’autres bouteilles, celles qui sont plus colorées, il les utilise pour orner sa pelouse, en les plantant au bord du gazon. Celles qui autre fois étaient destinées à finir leurs vies dans les eaux de ruissellement, bloquant ainsi la circulation des eaux de pluies dans les caniveaux, trouvent ici, un usage utile et protecteur de l’environnement.

Antennes de recyclage

Dernier exemple, les antennes télé fabriquées à base de matières recyclées. Un petit marteau à la main, Junior Nseka, fabriquant et vendeur d’antennes, raconte la création de ces antennes de fortune, du recyclage des matériaux, aux produits finis. Diplômé d’Etat, le jeune homme s’est converti en fabriquant d’antennes, faute de moyens pour aller à l’université. Ainsi, il collectionne les morceaux abandonnés de tuyaux de congélateurs, les boîtes de margarine et les assiettes plastiques qu’ils rassemblent avec du fil métallique et des clous pour obtenir son antenne de télévision. « Généralement, je les vends entre 1 500 FC et 1 200 FC par pièce. Chaque soir, je ne manque pas de quoi manger. » Dans la fatidique attente de la migration vers la télévision numérique terrestre (TNT) promise par le gouvernement depuis le mois de juin 2015, les Kinois se contentent des antennes du petit Junior pour pouvoir suivre les matchs de la Ligue des champions africaine et autres programmes télé.

Dans ses multiples interventions, Laurent Désiré Kabila ne cesse de rappeler à la population l’importance de se prendre en charge. Au regard ces quelques innovations, il y a lieu de dire que la pauvreté a contraint les Congolais à trouver des solutions tant insolites qu’innovantes… Ce que nous appelons à Kinshasa, « article 15 ». Chacun se débrouille comme il peut, pour pouvoir (sur)vivre au quotidien.

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