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La lutte citoyenne devrait intégrer aussi la politique en RDC

La crise politique congolaise demeure complexe. Le Congolais est aujourd’hui partagé entre craintes et espoirs, tant les issues de la crise apparaissent incertaines alors que la fin du deuxième mandat constitutionnel de Joseph Kabila approche. 

Qu’elle vienne à s’achever sur les craintes des uns ou sur les espoirs des autres, cette crise aura eu le mérite d’avoir révélé une nouvelle dynamique citoyenne, incarnée par des nouvelles personnalités civiles comme les leaders des mouvements citoyens Filimbi et Lucha.

L’espoir de renouvellement de la classe politique

Conscients des préoccupations sociales et particulièrement déterminés à lutter pour les faire prendre en compte, ces activistes citoyens, indépendants ou regroupés en associations civiles indépendantes, ont même engrangé quelques progrès. Ils peuvent notamment se flatter d’avoir redynamisé et crédibilisé l’expression de la société civile, d’avoir contenu certains élans politiques et d’avoir hissé leurs voix au rang de celles qui portent aujourd’hui.

Aussi suscitent-ils beaucoup d’espoirs auprès de tous ceux qui appellent au changement en RDC. Ces nouveaux « lutteurs » ont en commun une attitude : se refuser à l’engagement politique, par souci de préserver leur crédit et leur indépendance. C’est à la fois une attitude de prudence et un fait d’ambition à l’égard d’une classe politique congolaise malade, absorbante et parfois dangereusement contagieuse. Tout semble se résoudre avec l’argent et les postes, en effet.

Neutralité citoyenne au risque d’aphonie

Pourtant, si risqué et scabreux qu’il puisse paraître, l’engagement politique est la meilleure voie, à défaut d’être l’unique, pour parachever la lutte citoyenne. C’est quand elles rencontrent la volonté politique que les volontés citoyennes aboutissent. Il apparaît dès lors que l’activisme citoyen congolais ne peut s’esquiver à l’engagement politique sans courir le risque de mener une lutte inachevée ; une lutte pour le changement et la prise en compte des préoccupations sociales mais qui pourrait manquer d’échos politiques pour aboutir, la classe politique congolaise ne se renouvelant pas. 

C’est bien le risque que semble courir la lutte citoyenne en RDC aujourd’hui. Elle milite, appelle au respect des droits et des libertés fondamentales et alerte sur les attentes sociales à l’attention d’une classe politique qui n’a d’yeux et d’attention que pour ses propres privilèges.

La lutte citoyenne doit intégrer aussi la politique

Une classe politique monotone hier, aujourd’hui et, peut-être encore demain, qui a déçu et qui déçoit encore. Pour nombre de Congolais, l’action politique est synonyme de l’art de mentir au peuple pour s’assurer des intérêts égoïstes. Pour que le nouvel espoir incarné par la lutte citoyenne aboutisse, il faut de nouvelles personnalités politiques qui puissent lui porter l’attention et la priorité qu’elle mérite. La lutte citoyenne doit intégrer le champ politique.

Elle pourra renouveler l’offre politique et se proposer en alternative nouvelle. Car au-delà du pouvoir décrié de Kinshasa, l’opposition politique congolaise apparaît comme la seule alternative alors qu’elle n’est qu’une somme de réfractaires du système.

 

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