Une discothèque dans la rue de Kinshasa avec une forte sonorisation lors de la proclamation des résultats élections 2018, Kinshasa 2019, @HabariRDC
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Lutte contre la pollution sonore à Kin, une guerre contre les ambianceurs ?

À Kinshasa, « l’ambiance » ou les réjouissances vont jusqu’à X time. C’est une habitude déjà ancrée dans les mœurs de nombreux Kinois. Ainsi, restreindre les horaires d’ouverture ou de fermeture des bars, c’est tout simplement déclarer la guerre aux « ambianceurs ». Alors, laissez-moi vous expliquer comment cela fait des victimes.

Le ministre provincial de l’Environnement de Kinshasa, Didier Tenge Litho, a pris une mesure selon laquelle « les bars ne peuvent s’ouvrir que de 18h à 23h la semaine, de 18h à minuit le samedi et de 11h à minuit le dimanche sur toute l’étendue de la capitale ». Cette mesure ne plaît ni aux tenanciers des bars, ni aux fans de « l’ambiance » de la capitale. Le Kinois aime se réjouir toute la journée et parfois toute la nuit.

Et si on revisitait cette décision des autorités

Pedro Okito, un jeune fréquentant les bars estime que cette mesure doit être réajustée pour permettre à tous de tirer bénéfice. « Il serait mieux de permettre aux bars d’ouvrir au moins la matinée pour vendre les boissons mais sans jouer la musique. Cela leur permettra d’encaisser quelques sous. Et de 18h jusqu’à 23h, qu’ils puissent fonctionner comme le dit la loi. Fermer toute une journée pourrait perturber leurs activités car ce ne sont pas tous les clients qui y vont le soir », estime le jeune Pedro.

Des manques à gagner pour les bars

Selon l’édit 005 du 9 octobre 2012 en matière des tapages diurnes et nocturnes, le non-respect des horaires d’ouverture et de fermeture des bars est sanctionné par le paiement d’une amende de 300.000 francs congolais. Et pour les récidives, les amendes vont jusqu’à 1 million de francs congolais. N’est-ce pas une bonne somme pour renflouer les caisses de l’Etat ? Pourtant, cela risquerait de mettre à mal les chiffres d’affaire des gérants des terrasses et bars.

Dans la commune de Bandal, j’ai eu l’opportunité d’interroger le propriétaire d’un bar. Il estime que cette mesure du gouvernement provincial ne tient pas en compte certains paramètres socio-économiques. Il explique : « J’ai une dizaine d’employés. Les uns travaillent la matinée, les autres l’après-midi, le soir et la nuit. Cela permet à chacun de gagner son pain. Comme les autorités nous impose une loi, je serai non seulement contraint de renvoyer certains employés, mais aussi mon revenu va chuter parce que le bar ne fonctionnera plus comme auparavant. Faudrait-il s’opposer à la loi pour survivre ? »

Les tenanciers des bars sont inquiets et se demandent s’ils doivent boycotter la mesure ou se conformer. Plus grave, l’ordonnance précise que « quiconque contrevient aux dispositions, l’autorité territoriale peut procéder au retrait de la licence d’exploitation ». Donc, en cas de retrait de licence d’exploitation, plusieurs bars fermeront les portes et les travailleurs resteront au chômage.

La pollution sonore produite par les bars est un problème très sérieux dans la capitale Kinshasa. Il était plus qu’urgent que les autorités s’impliquent. Cependant, ce serait mieux d’alléger la mesure afin que ces tenanciers des bars qui ne sont que des débrouillards ne puissent en souffrir financièrement. « Article 15 : débrouillez-vous », disent les Kinois.

 

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