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Ne faites pas de WhatsApp une radio des mille collines

Habari RDC, le collectif de blogueurs congolais, lançait bien avant la tenue des élections qui ont porté Félix Tshisekedi au pouvoir fin 2018, la campagne « #ElectionsBitumbaTe ». Cela veut dire : « Les élections c’est pas la guerre ! » C’était en réponse à une tendance observée, notamment sur les réseaux sociaux dont WhatsApp, allant dans le sens de l’exagération dans les propos entièrement contraires au vivre-ensemble.

Certains compatriotes, surtout les politiciens, usent des réseaux sociaux pour diviser, semer la haine et appeler à la violence. Pour parvenir à leurs fins, ils n’hésitent pas à jouer sur la fibre d’appartenance politique ou tribale. Il faut écouter les messages audio qui circulent dans les réseaux sociaux de nombreux chefs des partis et regroupements politiques.

Volontairement, souvent, les gens font courir de faux bruits, ils accusent sans preuve leurs adversaires et luttent rarement contre le mensonge. Ce qui n’est pas sans rappeler le rôle macabre joué par la Radio des mille collines dans le génocide rwandais.

« C’est la première fois qu’un média de masse appelait aux meurtres », affirme l’historien  Jacques Sémelin, quand il évoque cette radio dite de la « haine ». Or, on voit combien les mensonges et l’intolérance sont distillés sur WhatsApp, le réseau de plus en plus adapté à la tradition orale au Congo. Les gens véhiculent des discours qui parfois ressemblent à ceux de cette radio de la haine.

Vaincre la haine et la violence sur WhatsApp, c’est possible

Dans leurs agissements, non sans lâcheté, les politiques ne ménagent aucun effort pour gaver leurs fanatiques de messages de haine. Ces messages sont produits en images, fichiers audio et vidéo. Ils passent d’un téléphone à un autre, comme une trainée de poudre.

« Nous sommes tous coupables, en ce sens que nous aidons par nos téléphones, à faire passer ce genre de messages », regrette un internaute. Il donne son astuce : « Moi à la place, je préfère faire suivre les blagues audio et vidéo de Mukimbwa » (un comédien de Lubumbashi, connu pour ses enregistrements distribués sur WhatsApp).

Il y a lieu de s’inquiéter au regard du nombre croissant de messages (audio ou vidéo) d’appel à la haine, pratiquement dans toutes les régions du Congo, messages appelant à la violence contre des tribus ou des camps politiques adverses. Ils se servent de WhatsApp. Je pense qu’il y a nécessité d’une législation contraignante pour règlementer l’usage des réseaux sociaux, où tout au moins, faire une réaction collective de toute la communauté des internautes.

Devrions-nous faire recours à l’ancien ministre Lambert Mende pour son soutien aux coupures d’Internet ? C’est serait lui donner raison, quand il accusait les réseaux sociaux d’attiser la haine. Non ! Le problème n’est pas WhatsApp, mais nous-mêmes. Nous pouvons utiliser les réseaux sociaux pour faire reculer la haine… En diffusant des messages positifs, en appelant à la cohésion nationale et à la responsabilité citoyenne.

 

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Les commentaires récents (0)

  1. Bel article; l’éducation citoyenne est ce qui doit primer et aussi des actions positives comme partager plus des informations constructives que destructives…

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