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Le non-respect de l’heure, même les autorités sont à blâmer

La notion de respect de l’heure échappe à beaucoup de Congolais. Même nos dirigeants et les personnes instruites viennent souvent en retard aux rendez-vous. C’est ancré désormais dans notre culture. Pas étonnant que même nos élections n’arrivent pas dans les délais prévus.

« L’heure, c’est l’heure ; avant l’heure, c’est pas l’heure et après l’heure, c’est plus l’heure », disait Jules Jouy, un poète français. En RDC, par contre, l’heure dépend de celui qui l’utilise. Quand c’est déjà l’heure pile chez l’un, ça peut être encore moins le quart chez l’autre. On n’a pas le même entendement sur l’heure. Quand sonne la fin du mandat, le mandataire pense que c’est le début d’un autre. Résultat : chacun arrive quand il veut et part à l’heure qui lui convient.

En retard pour des raisons d’État

Aujourd’hui, inviter une autorité pour présider une manifestation revient à perdre presque toute une journée s’il faut l’attendre. C’est le cas lorsque le maire, le gouverneur ou le ministre est celui qui doit procéder à la pose de la première pierre, au lancement officiel ou à la coupure du ruban symbolique. Pour une activité prévue à 8 heures, l’autorité politique invitée n’arrivera qu’à 14 heures, trouvant tout le monde fatigué. Et sans vergogne, le service du protocole d’Etat s’excusera disant : « Mesdames et messieurs, l’autorité est en retard pour des raisons d’État… » Ah bon ! Cela me fait rire, car c’est la même excuse tout le temps. Et quand vous vérifiez, vous verrez que ce ne sont pas de vraies « raisons d’État » : l’autorité était simplement à la plage avec ses enfants ou alors suivait la rediffusion de la finale de Coupe du monde France-Croatie !

En réalité quand un dirigeant arrive en retard c’est une manière de vous prouver que c’est lui qui décide et que vous devez vous soumettre. Ce comportement commence à agacer beaucoup de gens. « Les autorités nous prennent souvent en otage avec leurs fameuses raisons d’État. Elles savent que l’activité ne peut commencer sans elles. Ainsi, elles nous obligent simplement de les attendre », déplore une femme qui a dû boycotter une activité après avoir trop attendu le maire dans une ville congolaise dont nous taisons le nom.

Porter une montre c’est gaspiller son temps 

Avant de rédiger cet article, j’ai pris le temps de rester un moment au bord d’une grande avenue pour observer ceux qui passaient. J’ai constaté que la majorité de mes compatriotes ne portent pas de montre. Vous me direz peut-être qu’ils consultent l’heure sur leurs téléphones portables. Peut-être, mais je doute ! Car nombreux ont des téléphones dont la date et l’heure sont déréglées. Ils se contentent juste des appels. Dans plusieurs bureaux publics ou privés par exemple, il n’y a pas de pendule au mur. C’est le cas dans l’administration. D’aucuns regardent juste la position du soleil dans le ciel et disent : « Il est 16 heures ! »

Chers compatriotes, le respect de l’heure est une valeur à cultiver et une preuve de savoir-vivre. Un homme ponctuel prouve qu’il est un homme de parole, digne de confiance et organisé.

 


Vous pouvez relire sur Habari RDC : Pourquoi les Congolais sont-ils toujours en retard ?

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