Moustiquaire
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A Oïcha, la moustiquaire devient un matériel de construction indispensable

Une moustiquaire est découpée en plusieurs fils. Ces fils de moustiquaire remplacent ainsi les fils d’écorces de lianes dans la construction des maisons en pisé, semi-durables. Avec deux avantages : d’abord moins chers (environs 3000 francs congolais la moustiquaire), ensuite facilement accessibles. Elle remplace ainsi les écorces de lianes sauvages qui deviennent rares car la forêt recule et l’insécurité rend difficile sa recherche.

Le terme technique est « ku paracha nyumba ». Il s’agit de l’étape de la construction d’une maison en pisé où l’on attache de part et d’autre des bois les roseaux disposés latéralement. Pour lier les roseaux aux bois, on utilise normalement les écorces d’une variété de liane nommée localement « mitembe ». Mais la cité se développe, et la forêt est de plus en plus repoussée. A cela s’ajoute l’insécurité qui ne permet plus de s’aventurer en forêt.

La cité d’Oïcha est située à quarante minutes au Nord de la ville de Beni. Une cité qui essaie de survivre malgré sa situation atypique de centre névralgique de l’insécurité causée par l’activisme des rebelles dits ADF dans la région. La quasi-totalité des maisons d’habitation dans cette cité de quelques dizaines de milliers d’habitants est construite de cette manière traditionnelle, en pisé.

Des moustiquaires qui remplacent les lianes

« La cité d’Oïcha continue de s’agrandir malgré les difficultés. Ainsi, nous devons construire des maisons chaque jour. Le  »mitembe » étant une liane sauvage, n’est plus trouvable aux alentours de la cité. Il faut aller loin dans la forêt. Non seulement cela prend trop de temps, mais aussi c’est prendre le risque de tomber entre les mains des inciviques. C’est là que la moustiquaire nous paraît salutaire », raconte Katembo, un constructeur rencontré sur un chantier. Et c’est là qu’intervient le rôle de la moustiquaire. Elle vient remplacer la liane si difficile à trouver ces derniers temps.

Mais une des marques de moustiquaire en usage est normalement interdite à la vente car ayant été distribuée gratuitement par une ONG nationale avec le soutien de la Banque mondiale, dans le cadre de la lutte contre le paludisme en RDC. En effet, la moustiquaire dont on parle est dite « imprégnée d’insecticide ». Certaines autres marques sont vendues légalement dans les pharmacies. Pour construire une maison de 10 à 15 mètres de longueur sur 7 comprenant 4 à 5 pièces, environ 3 à 4 moustiquaires suffisent. Cela peut vous coûter entre 9000 et 12 000 francs congolais.

En dehors de son rôle de protecteur contre les moustiques et le paludisme, les moustiquaires sont également utilisées comme des haies de jardin à domicile contre l’envahissement des petits bétails. Et aujourd’hui à Oïcha, voilà un autre rôle de la moustiquaire qui ne cesse de nous surprendre.

 


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