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La participation communautaire pour prévenir les conflits dans le parc des Virunga

Plusieurs villes et villages du Nord-Kivu sont riverains du parc des Virunga. Ce parc créé en 1925 est un patrimoine mondial de l’Unesco. Il est riche en espèces animales et végétales.  Mais depuis plusieurs années, cet espace protégé connait de graves conflits de limites opposant les populations riveraines et l’Institut national de conservation de la nature (ICCN).

Pour résoudre ce différend, l’approche de la conservation de proximité peut être l’une des solutions. « Virunga est un espace protégé fertile. Raison pour laquelle il attire les agriculteurs. Mais la présence et l’activité de l’homme dans cette aire protégée, affectent sensiblement la faune et la flore. Les animaux qui n’aiment pas les bruits et toute autre forme de menaces, se sont éloignés. Ainsi, le tourisme devient difficile dans certains secteurs du parc », nous a confié Kabwasa Joël, régisseur du cluster environnement, partenaire de l’ICCN au Nord-Kivu.

Par contre, des leaders locaux estiment que la superficie du parc est beaucoup plus importante que celle des terres arables dans les zones riveraines. « Les animaux ont des droits bien-sûr, mais, les hommes devraient en avoir aussi. Ensemble, avec le gouvernement et l’ICCN, nous devons revoir les vraies délimitations du parc des Virunga. Cela pourra nous épargner de brutalités des gardes parc armés qui ne cessent de nous maltraiter », s’indigne Nzanzu Kabera, un habitant de Kibirizi, localité limitrophe du parc de Virunga, en territoire de Rutshuru.

Le parc est-il bénéfique ?

Les éco-gardes doivent cesser de maltraiter les agriculteurs et de détruire leurs produits agricoles. C’est ce que martèle Nzanzu Kabera, habitant de Rutshu : « Nous avons le droit de bénéficier des produits de la terre de nos ancêtres ! »

L’existence du parc est bénéfique pour les riverains. Les différents projets sont implémentés par l’ICCN en partenariat avec les organisations locales pour assurer le développement économique au niveau local, comme l’indique Bantu Lukambo, directeur de l’ONG Innovation pour le développement et la protection de l’environnement (IDPE). Il explique : « Pour l’instant, plusieurs endroits de la province du Nord-Kivu sont raccordés à l’électricité de la centrale hydroélectrique de Matebe dans le souci de permettre aux populations riveraines d’éviter de violer le parc. »

Selon Shukuru Bitoke, l’un des notables du groupement Binza, en territoire de Rutshuru, même les groupes armés actifs dans le parc, se sont transformés en protecteurs et défenseurs des populations, au détriment de cette aire protégée.

Les Mai-mai aussi impliqués

Shukuru Bitoke se plaint des activités illicites dans le parc des  Virunga : « Je suis vraiment désolé de voir que nombreuses sont les populations qui ignorent la valeur du parc en tant que patrimoine mondial protégé. Sous d’autres cieux, on protège les parcs et cela permet que le tourisme rapporte beaucoup d’argent. » Souvent les activités illicites se font avec l’appui des groupes armés.

Un avis partagé par un agriculteur qui a requis l’anonymat. Il vit dans le parc depuis trois ans. Il y cultive la terre et coupe du bois pour produire le charbon de bois. Il raconte : « Souvent, quand l’armée et les gardes du parc tentent de nous chasser, les Mai-mai nous défendent. C’est parce qu’en retour, nous leur donnons une partie de nos récoltes. »

Pour résoudre cette problématique autour des conflits des limites entre le parc et la chefferie dans le Rutshuru, je pense que l’approche de la conservation de proximité est une solution. Elle consiste à faire régulièrement la délimitation du parc pour ainsi mettre fin aux conflits de limites, mais aussi accentuer les sensibilisations à travers les médias et la communauté sur l’importance de la préservation des aires protégées.

#TerreDePaix

 

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