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Les paysans ne voteront que pour les candidats soucieux du développement agricole

Alors que la campagne électorale touche à sa fin, nous sommes allés à la rencontre d’agriculteurs dans différents villages du Nord-Kivu.  Ici les paysans ont une crainte : que les candidats oublient l’agriculture dans leur programme.

Kahindo Vangisivavi, la quarantaine, agricultrice vivant dans le sud de Lubero, pense que la première réforme devrait porter sur l’accès à la sécurité dans les champs et la distribution des terres arables de manière équitable. « C’est le facteur majeur dont le petit paysan a besoin dès le départ, avant même de songer à la semence », affirme-t-elle, tout en déplorant le fait que les citoyens les plus riches ou les multinationales s’accaparent les terres arables.

« Plutôt que de distribuer du sel ou de l’argent,  un candidat président ou député devrait nous parler par exemple de la nécessité de la mise en place des législations foncières solides qui rassurent les pauvres agriculteurs », estime pour sa part Hortense Kalamata productrice de maïs.

Rendre disponibles les crédits pour les agriculteurs

Le paysan Maniriho Byamungu, père de famille vivant à Kibumba, dit qu’il votera également pour le candidat qui valorisera l’agriculture : « Il peut par exemple nous dire comment il va s’investir dans les politiques agricoles », explique-t-il. Producteur de pommes de terre et de choux, monsieur Maniriho indique qu’il a besoin d’un crédit pour financer ses activités agricoles mais il ne sait à quel saint se vouer. « Je suis allé auprès des banques commerciales à Goma, mais leurs taux d’intérêts très élevés ne favorisent pas les paysans comme moi », déplore Maniriho Byamungu qui aimerait voir émerger une banque spéciale pour les agriculteurs avec un faible taux d’intérêt.

Du côté du territoire de Rutshuru, les défis agricoles sont également énormes. Hortense Kalamata souhaite que le pays ait des dirigeants qui sauront bien nourrir les Congolais. « C’est l’agriculture qui nous fait vivre et nous allons voter pour le candidat qui se soucie du développement de ce secteur », déclare-t-elle. Et d’ajouter : « Nous avons besoin de la bonne semence, d’un bon marché pour nos produits, mais aussi des dépôts communautaires pour l’entreposage et de bien d’autres intrants agricoles…»  

Les candidats et les regroupements politiques devraient mettre sur pied des plans ambitieux de développement du secteur agricole avec des objectifs bien précis qui seraient régulièrement évalués grâce à la participation des organisations paysannes.

Enfin, pour l’agronome Olivier Munyanga, il s’agit d’un combat vital qui attend les futurs présidents et députés : « Ils doivent soutenir l’agriculture en appuyant les organisations paysannes et des actions concrètes de terrain pour améliorer la production locale, sécuriser les terres arables, construire des unités de transformation, plaider pour le soutien à l’agriculture familiale, et surtout promouvoir le consommer local. »

Bref, les candidats sont prévenus s’ils veulent avoir les voix des paysans du Nord-Kivu.

 

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Les commentaires récents (1)

  1. Les paysans pourraient aussi s’organiser en Coopératives pour davantage assurer le suivi de la mise en place de leurs recommandations.

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