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A quand la fin du calvaire pour Beni ?

Entre massacres et fièvre hémorragique Ebola, la cité congolaise de Beni devient une ville martyre oubliée du monde. Qui s’en préoccupe vraiment ?

Il y a des contrées si déshéritées qu’on oublie d’en être solidaire, comme si on s’habituait aux répliques de la violence. Dans le nord-est de la République démocratique du Congo, la ville de Beni est de celles-là. Samedi dernier, un décompte de la société civile annonçait le décès de 14 civils et 4 militaires suite à un assaut de présumés rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF) contre le camp militaire de Kasanga. Violences déportées ensuite au bureau de la Direction générale de douane et accises (DGDA) et aux alentours d’un centre-ville dont certains kiosques auraient été pillés et certaines maisons incendiées.

La Monusco, le gouvernement et les FARDC, tous incapables ?

Si c’est une profonde exaspération de la population de Beni qui s’est exprimée lundi 24 septembre décrété « journée de deuil » à l’appel de la société civile, c’est que les violences sont récurrentes et que la Monusco, le gouvernement et l’armée semblent bien incapables de les endiguer. Sur les réseaux sociaux, des internautes impuissants présentent les Forces armées de la RDC comme des cohortes de médecins qui interviennent après les décès et les dégâts collatéraux.

D’origine ougandaise, les rebelles ADF auraient massacré, selon certaines sources, plus de 700 civils et 15 casques bleus, depuis octobre 2014, à Beni et dans sa région. Considérant que de telles exactions relèvent du terrorisme, le maire de la ville en appelle à la communauté internationale.

Ville martyre

Beni peut être considérée comme une ville martyre à d’autres égards. Martyr politique, si l’on se souvient des brimades subies lors de marches du mouvement citoyen Lucha, notamment celle qui, en avril dernier, dénonçait la persistance des tueries, kidnappings, pillages et viols dans cette zone du Nord-Kivu. Martyr sanitaire aussi, si l’on considère que Beni fait également face au virus Ebola, en particulier dans le quartier Ndindi, principal foyer de l’épidémie. En ce mois de septembre 2018, l’Unicef et ses partenaires indiquaient avoir identifié 155 enfants orphelins ou non accompagnés suite à la dernière crise de fièvre hémorragique. Faudra-t-il s’habituer à l’horreur ?

 


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