Après l'incendie des plusieurs maisons dans la commune d'Ibanda, les habitants contemplent les dégats materiels, Bukavu 2018, @HabariRDC/Esther Nsapu
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Quand l’ignorance brûle des maisons à Bukavu

Deux choses définissent le peu d’urbanisation dans la ville de Bukavu : la boue en période de pluie, et la poussière quand il y a le soleil. A ces deux viennent s’ajouter des méga-incendies.

Il ne se passe plus un mois sans qu’on n’enregistre au moins un cas d’incendie à Bukavu. L’inquiétude est presque permanente. On se demande à qui ce sera le tour la prochaine fois. Quel quartier va partir en fumée au prochain incendie ? Et pourquoi la même histoire se répète-t-elle encore et encore sans qu’on n’en tire de leçon ?

Vivre en ville coûte que coûte

L’infertilité du sol, les guerres, l’insécurité permanente et le manque d’emploi font que les populations rurales veulent tenter leur chance en ville. La ville est non seulement l’espoir d’un semblant de sécurité mais aussi d’une vie meilleure. Résultat : une ville de Bukavu surpeuplée.

Certains, venus avec quelques économies, arrivent à arracher des autorisations de construire malgré les dangers au prix de quelques dollars glissés dans certaines poches. Ainsi sont érigées des constructions et des maisons qui se chevauchent… Il y a aussi cette promiscuité inexplicable. La responsabilité est partagée entre les habitants et les autorités.

De dangereuses alternatives au manque d’électricité

Il existe une centrale hydroélectrique à Bukavu. Mais en dehors de la société Bralima qui produit des boissons, personne ne sait où ni quand est disponible l’électricité dans la ville. Conséquence, chacun y va de sa solution.

Certains recourent à la solution d’énergie solaire. Des panneaux solaires connectés aux batteries chargeables. Le plein est fait la journée, l’énergie stockée est utilisée le soir. Mais les équilibrages et la vraie utilisation des batteries est inconnue. Cela a été cause de plusieurs incendies.

Les autres solutions sont des groupes électrogènes, des lampes à kérosène ou encore des bougies. Il suffit d’une mauvaise manipulation, et le pire peut arriver.

Sensibiliser la population et les dirigeants

C’est la seule solution pour qu’une bonne urbanisation soit observée à Bukavu. Il faut aussi que les solutions à l’électricité soient gérées par des techniciens professionnels. L’orgueil, l’ignorance et la cupidité sont à l’origine de ces drames d’incendie.

Le dernier incendie en date dans la ville de Bukavu a eu lieu le 30 juin 2019. Bilan officiel : un mort et plus de 250 maisons parties en fumée au camp Zaïre, dans la commune de Kadutu.

Loni Yo’el

 

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