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À quand un programme national de lutte contre le cancer en RDC ?

« Le cancer est une maladie des blancs » disent plusieurs Congolais. Or, c’est faux ! Il y a des milliers de personnes qui meurent de cancer au Congo, surtout les femmes. Pire, notre pays ne dispose pas d’un programme spécifique de lutte contre le cancer. Il faut agir !

Dans le monde, une femme meurt d’un cancer du sein environ toutes les 53 minutes. Chez nous au Congo jusqu’à présent, il n’existe pas assez de données sur le cancer. C’est ce que coonfirme Ambroise Kamukuny, membre de la Fondation bomoko, unité en lingala. Cette organisation est dans la lutte contre le cancer en RDC. « Il n’existe au Congo, aucune statistique sur des cas précis de malades atteints du cancer. La RDC ne dispose d’aucun programme national d’appui à la lutte contre le cancer. Bien plus, le traitement contre le cancer n’est pas à la portée de toutes les bourses », dit-il.  

A ces propos s’ajoutent ceux de Mélissa Amisi Sharufa, la Congolaise qui fabrique des prothèses mammaires. Nous vous avons présenté Mélissa dans un des nos billets en 2018. Elle explique que les seules données partagées par l’OMS sur le Congo au sujet du cancer, sont celles des pays voisins. « Le défi c’est qu’il n’y a pas de chiffres du rapport incidence-mortalité des cancers en RDC. Il n’y a pas non plus de registre national de cas de cancer qui réunirait toutes les données des hôpitaux et d’ONG », déplore Mélissa.

Des chiffres alarmants

Toutefois, selon les données de l’OMS datant de 2014 citées par Mélissa, 30700 personnes meurent chaque année de différents types de cancer en RDC. Plus de 55% sont des femmes. Si pour les hommes le cancer de la prostate est le plus courant (24,1%), chez les femmes c’est plutôt le cancer du col de l’utérus (27%), suivi de celui du sein (16%). Ce sont-là les types de cancers les plus fréquents dans notre pays.

Cela devrait davantage nous interpeller car les dernières statistiques mondiales sont plus qu’alarmantes. Les dernières données mondiales, selon l’OMS, révèlent qu’en 2018, 18,1 millions de nouveaux cas et 9,6  millions de décès dus au cancer ont été enregistrés. D’aucuns peuvent dire que ces données ne sont que des chiffres, mais pour les victimes, ce sont des chiffres qui démontrent combien elles sont abandonnées à leur triste sort. Justine Mutombo, par exemple, est une malade de cancer qui a dû arrêter tout traitement par manque de moyens. Suivre un traitement contre le cancer au Congo coûte beaucoup d’argent.

Habitant la province du Kongo Central, c’est en 2015 que Justine s’est vue diagnostiquer le cancer du sein. Elle arrive à Kinshasa et tout bascule. « À Kinshasa, je n’avais pas d’argent pour poursuivre le traitement. Toutes mes économies ont été ruinées par ces traitements conte le cancer. J’ai tout arrêté pendant deux ans. Heureusement, via Internet, j’ai obtenu le soutien d’une organisation  qui m’a permis de payer les frais pour subir une ablation du sein », explique-t-elle. Justine est aujourd’hui guérie.

Une autre victime c’est Nadège, 17 ans. A peine adolescente, la jeune fille se retrouve avec un sein beaucoup plus gros que l’autre. Elle a cru qu’on lui a jeté un mauvais sort, peut-être le mbasu (ulcère de Burili). Sa famille rencontre un médecin traditionnel. Vous connaissez sûrement ces « faiseurs de miracles » qui se disent capables de guérir toute maladie, tant spirituellement que physiquement. Après plusieurs séances de soins traditionnels, la fille n’est pas guérie. Son état de santé va de mal en pis.

Ce n’est qu’après plusieurs mois que la famille découvre que Nadège souffre d’un cancer du sein, et non d’un mauvais sort jeté par un sorcier. Hélas, tout ce temps perdu chez les tradipraticiens semble irrécupérable. Les soins de la médecine moderne qu’elle reçoit désormais n’ont servi qu’à l’accompagner lentement mais sûrement à son extinction totale. Nadège est décédée l’an passé. C’est un proche de sa famille qui nous rapporte cette tragédie.

« Plus tôt le cancer est diagnostiqué, mieux il est traité », disent les experts. Alors, en attendant d’avoir un programme national de lutte contre le cancer en RDC, il est temps de sensibiliser la population sur les dangers de cette pathologie. Essayons de redonner le « sourire aux dents » de ceux qui en souffrent.  Agissons !

 

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