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Qu’est-il advenu de la marque Moïse Katumbi ?

Un bon jour de l’an 2006, je faisais ma sieste à mon domicile quand un concert de klaxons au dehors me réveilla. Alerté, je bondis aussitôt pour aller jouer des coudes au bord de la route.

« Quoi de mieux qu’un leader qui connaît vos problèmes ou qui fait semblant des les connaître ? »

Le cortège était impressionnant et donnait le ton de la campagne électorale de Moïse Katumbi Tchapwe. Tous les véhicules, ou presque, portaient un poster du candidat à la députation avec cette mention : «Tumetshoka mateso »  (y en a marre de la galère, en Swahili). Cette petite phrase avait, aux yeux de la population, plus de signification que tous les discours pompeux de la plupart des hommes politiques des temps passés et présents. Quoi de mieux qu’un leader qui connaît vos problèmes ou qui fait semblant de les connaître ?

La marque Moïse Katumbi

Quelques mois plus tard, Katumbi est élu gouverneur du Katanga par une assemblée de députés qui lui est toute acquise. Par après, il ne commet pas l’erreur de s’embourgeoiser et d’être moins à l’écoute des préoccupations de la masse populaire. Comme l’aurait fait n’importe quel autre politicien congolais. Il ne se permet pas non plus de porter atteinte aux intérêts des classes dirigeantes et des milieux économiques dont il est issu.

Elle était là, la marque Moïse Katumbi : un savant mélange entre le respect des intérêts des uns et des autres. La population croyant dur comme fer que le nouveau gouverneur était le messie tant attendu, le successeur valable de Moïse Kapend Tshombé (tout premier gouverneur noir du Katanga en 1960). Selon elle, les nantis avaient le sentiment d’être mieux servis que jamais.

 « Katumbi a été l’homme des bains de foule, le chef charismatique, l’ami des médias et le spécialiste des effets d’annonce »

Concrètement, Katumbi a été l’homme des bains de foule, le chef charismatique, l’ami des médias et le spécialiste des effets d’annonce. À son propos les journaux télévisés titraient souvent : « le gouvernement a inauguré les travaux de réhabilitation de la route… », le gouverneur a remis 40 000$ à tel hospice », « le président du TP MAZEMBE a financé l’installation d’un écran géant dans un quartier populaire » et des gros titres en veux-tu, en voilà !

Enterrer la marque Katumbi ?

À défaut de mettre aux fers le désormais opposant, le régime en place a sans doute fait le choix de s’attaquer à ce qui a été sa marque de fabrique.

Le partage du Katanga en quatre, conformément à la constitution, a donné lieu à la nomination de commissaires spéciaux chargés d’administrer les nouvelles provinces. Ces fidèles serviteurs de Joseph Kabila n’ont curieusement rien à voir avec la manière de diriger de Moïse Katumbi. Ce sont des personnalités sans charisme, pas du tout coutumières des bains de foule, pas assez futées pour contenter le peuple et les nantis en même temps.

« Tout ce qui peut rappeler la personne de Moïse Katumbi dans les rues de Lubumbashi a cessé d’être visible ou est devenu défaillant »

Par ailleurs, tout ce qui peut rappeler la personne de Moïse Katumbi dans les rues de Lubumbashi a cessé d’être visible ou est devenu défaillant : un écran géant qui ne retransmet les matchs de foot qu’un week-end par mois ici, une chaîne de télévision obligée de fermer par là…

Ainsi a été tournée une page de la carrière politique de l’homme d’affaires katangais… Du moins, jusqu’ici. Et son image semble frappée d’interdiction sur la télévision nationale.

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