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Sans le rail, Tenke n’est rien malgré ses collines de cuivre

Situé sur la voie ferrée qui va de Lubumbashi, passant par les villes de Kolwezi et de Kamina, jusqu’au Kasaï, le village de Tenke ne vaut plus rien sans le rail. La vie y est devenue timide et les paysans vivent dans une précarité inquiétante.

Les collines de cobalt qui surplombent Tenke ne servent pas aux paysans qui vivent dans ce village, elles sont plutôt la propriété « d’étrangers » ou de privés ayant acquis des concessions auprès de l’État. Ici, il faut que le train passe pour que le village s’active. Or, le train y devient rare depuis des années.

Tenke ne voit plus le train

À chaque klaxon de train, Tenke bouge et respire un vent d’espoir. La population, qui vit sur le versant du bassin de la rivière Tshilongo à Tenke-village, accourt vers la voie ferrée pour vendre produits agricoles, poissons et friandises. Jadis, le train amenait aussi des voyageurs et des marchandises à Tenke-gare, le « carrefour du chemin de fer katangais. »

Les lignes exploitant cette voie, « Kamina-Bukama-Lubudi », dans la partie Nord et Dilolo-Mutshatsha-Kolwezi-Kisanfu à l’Ouest », ne sont plus actives.

Des collines improductives?

D’impressionnantes montagnes qui entouraient Tenke disparaissent chaque jour avec l’exploitation de cuivre et de cobalt. Personne n’a le droit d’y toucher, c’est une « propriété privée des étrangers », se désole un villageois qui voit ces richesses jusqu’à côté de sa case sans y avoir droit.

Le village ne bénéficie d’aucune contrepartie de cette exploitation minière dont les redevances sont versées au pouvoir public congolais. Et les « projets de développement de la cité » initiés par les exploitants miniers ne sont d’aucun impact positif pour Tenke qui reste un village malheureux.

A la découverte de cette triste réalité, je me suis senti révolté. Je n’ai pas vu les photos d’un Tenke merveilleux que l’on a l’habitude de présenter à l’opinion à Lubumbashi concernant ce milieu cuprifère. Tenke vit au contraire dans la pauvreté, la poussière et les bruits des moteurs d’engins qui chargent et déchargent des minerais. Ses populations habitent à côté des carrières à ciel ouvert, sans en avoir le moindre bénéfice.

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