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Les raisons pour que l’hymne national de la RDC change

Composé à une époque où le peuple congolais revendiquait l’accession à sa souveraineté, l’hymne national de la RDC semble ne plus être adapté à ce jour. Quand on fait une relecture à la loupe, on se rend compte qu’il s’agit d’une série de promesses à accomplir une fois le pays indépendant.

60 ans après, je ne pense pas qu’on soit toujours à une époque où on doit déclamer ces promesses, mais plutôt il faut les accomplir. Il serait mieux que notre chant patriotique subisse une mise à niveau pour qu’il corresponde à la réalité actuelle du pays. Cet avis me semble bien pertinent, je vous montre quelques inadaptations qui méritent une modification ou un remplacement.

Un temps inadapté

Quelques passages clés de l’hymne national sont exprimés au futur. « Nous bâtirons un pays plus beau qu’avant », « Nous assurerons ta grandeur »… Lors de la rédaction de notre hymne par le père Simon-Pierre Boka en 1960, ces phrases avaient une bonne raison d’être au futur, car elles exprimaient un idéal à atteindre une fois le pays débarrassé du colonisateur belge.

Mais c’est inacceptable, plus d’un demi-siècle après, de répéter que « Nous bâtirons » ou « nous assurerons », comme si on renvoie cela à un futur incertain. Qu’il s’agisse de bâtir un beau pays ou d’assurer sa grandeur, c’est maintenant que nous devons le faire.

Donc, il convient de dire : « Bâtissons un pays plus beau qu’avant et assurons sa grandeur. » Le tout au temps présent. Le temps futur donne l’impression qu’il faut encore attendre le bon moment, mais qui ne vient toujours pas.

Il y a aussi cet extrait dans notre hymne national : « Nous peuplerons ton sol. » Et c’est encore dit au futur. Sur ce point on a déjà réalisé cette promesse, on a peuplé et même surpeuplé le sol congolais. La population congolaise est passée de 14,7 millions d’habitants à l’indépendance à 84 millions d’habitants (Estimations de la Banque mondiale en 2018). De quoi en être fière ou pas, je ne sais pas trop. Au moins c’est une promesse tenue.

Titre et paroles à changer                                                                                                      

A travers le titre « Debout Congolais », le rédacteur de l’hymne voulait plus interpeller le Congolais d’antan à se réveiller afin de stopper l’impérialisme de la Belgique. On peut dire à ce jour que le peuple congolais est quand même éveillé, donc ça ne sert à rien de redire « debout Congolais ». Il faut lui dire plutôt : Congolais en marche ! Comme un enfant, après avoir appris à se tenir debout, la prochaine étape c’est la marche. En 60 ans, notre pays est un sexagénaire qui sait marcher et courir. Donc c’en est fini avec le Debout Congolais !

« Dressons nos fronts, longtemps courbés ! » ! Lorsqu’un tel impératif était placé dans notre chant patriotique, c’était pour pousser le Congolais de l’époque à se redresser comme un homme libre. Sous la colonisation, le Congolais avait perdu sa valeur humaine et a dû baisser son front face aux atrocités colonialistes. A ce jour, le Congolais n’est plus un indigné, les fronts jadis courbés ne le sont plus.

L’hymne doit être remplacé par un autre ou modifié en partie. Sinon, on continuera à scander avec fierté un chant obsolète. Quelle honte ! Ce qu’il nous faut maintenant, c’est un chant digne de notre rang qui montre la vision actuelle et les nouveaux défis d’un pays libre.

 

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Les commentaires récents (9)

  1. Pas du tout d’accord avec ce qui est dit ici. Il me semble que l’hymne national a une valeur historique; que chaque fois que je chante cela je me mets à la place de mes compatriotes à ce moment là, avec la lutte qui était la leur qui aujourd’hui est mienne et demain sera celle de mes enfants. Pas d’accord que l’on dise de mon hymne qu’il est obsolète, non. Et présent de quel présent parle-t-on? Ce présent qui il y a peu était futur et qui sera dans peu de temps encore passé? N’a-t-on pas dit que demain c’est déjà aujourd’hui? En lingala l’une des plus belles langues d’Afrique Koffi Olomidé l’exprime de la meilleure des façons: « Le futur soki tolali na butu ekomi le présent, le présent soki tolali na butu ekomi le passé, kasi passé ekotikala c’est le passé ». « Dressons nos fronts », oui parce que les raisons de cet appel sont là: l’impérialisme, la mise sous tutelle économique, l’ingérence de la part des pays qui convoitent nos ressources… Ces raisons suffisent pour que notre hymne reste le même parce-qu’il était actuel hier, il est actuel aujourd’hui et sera actuel demain en ce sens qu’il constitue un appel aux valeurs que tout congolais devra incarner jusqu’à la fin des temps. Non, mon hymne n’est pas obsolète!

  2. Dans mes séminaires de formation, j’ai toujours dit aux séminaristes qu’il faut nécessairement revoir en partie ce chant car philosophiquement parlant, la parole occupe une première place dans la vie. Alors, je n’ai jamais aimé le futur <> aussi longtemps que c’est le présent qui fait l’action >, … Ir Mbemba

  3. Une mise à jour pourquoi pas 60 ans près l’indépendance le peuple et le pays ont changés d’époque ,partant avec vous, il va falloir un président légitime,visionnaire à la tête du pays,restauré la souveraineté del’état et les institutions horizon 2023