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Apollos fière de nourrir sa famille grâce à la maçonnerie

Elle est une de ces femmes, pas très nombreuses dans la province, qui se sont lancé le défi d’exercer un métier habituellement réservé aux hommes. Elle est âgée de 45 ans, mais son visage sans rides, cache bien ses années. Kyakimwa Musayi Apollos nous raconte sa vie de maçon.

Kyakimwa Musayi Apollos est une femme travailleuse qui résiste malgré la dureté de la vie : « J’utilise mes mains pour travailler et non pas pour demander l’aumône, c’est la meilleure façon de se faire respecter dans la société ! » Surnommée Apollos ou Poloniya, tout le monde la connaît dans l’agglomération de Kiwanja. C’est grâce à sa bravoure au travail et son humour.

Elle est mère de sept enfants et vit depuis plusieurs années séparée de son mari. Elle avait été obligée de le fuir parce qu’il la maltraitait. « Je dois me battre au quotidien pour faire vivre mes enfants et moi-même », indique Apollos, assise devant sa maison quand une douleur aiguë lui perce le dos.

Apollos soulève difficilement une grosse pierre.

 

Battante et autonome

Le matin, Kyakimwa Musayi Apollos doit se lever tôt pour chercher de l’eau pour sa famille. Avant de quitter son foyer, elle s’occupe des enfants qui vont à l’école. Ensuite, elle sillonne les quartiers à la recherche d’un travail journalier communément appelé « kilaka ».  

Convaincue que la vie est un combat, Apollos ne rechigne pas aux travaux généralement réservés aux hommes. Sur différents chantiers de construction par exemple, elle aide les maçons à transporter les pierres ou à les tailler… Mais elle sait aussi faire du gravier et couler le béton. Au côté des hommes, on la voit également accrochée sur les échafaudages.

« Il m’arrive de gagner jusqu’à 30$ le mois », fait-elle savoir. Ca c’est quand tout va bien. Kyakimwa Musayi Apollos, affirme que c’est un peu rassurant pour la survie de sa famille : « Comme nous vivons au taux du jour, il faut avoir de quoi payer la nourriture, le savon et les frais scolaires… »

Apollos portant une grosse pierre sur sa tête.

« Tu n’as pas honte ? »

A cause des durs travaux, Apollos se réveille parfois souffrante. Mais elle ne lâche pas. Elle capitalise chacune de ses journées en travaillant, pourvue qu’elle gagne quelque chose. « A part la construction, je pousse la trottinette ou j’aménage des poubelles…», explique cette femme au mental d’acier. « Et quand je ne trouve pas de travaux du genre au quartier, je passe ma journée à travailler au champ et le soir je retourne à la maison pour cuisiner ».

Mais les critiques vont bon train contre cette femme qui travaille dans des domaines habituellement réservé aux hommes. « Les gens, parfois même les femmes, me disent : tu n’as pas honte ? Et je leur réponds que c’est normal pour une femme d’exercer tout travail qui lui rapporte », explique-t-elle. Dans toute l’agglomération, son courage lui a valu une bonne réputation. « Nous apprécions son courage au travail et cela honore la femme », témoigne l’un de ses voisins au quartier Buzito.

Apollos assise devant la porte de sa maison après une journée de travail.

Toujours aussi combative, Kyakimwa Musayi Apollos rêve d’une chose : continuer à travailler pour gagner sa vie et pourquoi pas, prouver au monde qu’être une femme ne signifie pas être incapable.

 


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