L'obscurité dans un quartier de Kinshasa, le vendeur dans la rue recourt au groupe électrogène qui aide la population à charger les téléphones, Kinshasa 2019, @HabariRDC
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La République démocratique du Congo fait l’économie de l’obscurité

Quand la population réclame le développement de la RDC, les politiques ne cessent d’annoncer qu’ils y travaillent. Mais le développement exige certains facteurs comme la paix, les infrastructures de base, la production suffisante de l’énergie électrique, etc. À propos de l’énergie, il s’agit là d’une ressource cruciale sur laquelle repose beaucoup d’autres secteurs comme l’industrie.

En RDC, environ 15% de Congolais seulement ont accès à l’énergie électrique. D’ailleurs, l’électricité disponible profite particulièrement aux sociétés minières, en majorité détenue par des expatriés.

Durant une cérémonie pleine de solennité organisée le 20 août 2019 à Matadi, au Kongo Central lors du forum sur l’énergie électrique, le président Félix Tshisekedi avait proclamé l’électrification de la RDC comme une priorité économique de son quinquennat.

Le président de la République s’est montré très ambitieux. Le pays dispose des potentialités hydroélectriques parmi les cinq les plus importantes au monde. « On ne peut imaginer le développement sans industrialisation, et cette industrialisation ne peut venir que par la production de l’énergie électrique », avait souligné le chef de l’Etat.

Mais selon les données de la Banque mondiale, seuls 8% d’habitants en milieu urbain sur 1% en milieu rural ont accès à l’électricité. Ils seraient 15%, indique pour sa part la société nationale d’électricité. Ce qui est désormais sûr est que, si l’électrification se poursuit au rythme de ces 10 dernières années, 80% de la population vivra toujours sans accès au réseau électrique d’ici 2030. Avec le risque, en plus, de voir la part alimentée en électricité baisser, à mesure que se détériorent les centrales hydroélectriques mal entretenues.

La politique énergétique reste floue

Une raison pour moi d’être sceptique sur la politique de bonne intention, c’est que jusqu’ici, les politiques énergétiques restent floues. Il est impérieux que la société nationale d’électricité augmente ses capacités de production.

Mais il faudrait une gestion orthodoxe de cette entreprise et de ses projets. Or, cette société n’a pas réussi à entretenir la majorité de ses centrales électriques. Plusieurs sont aujourd’hui vétustes, et ne produisent plus de l’électricité comme avant. Quant aux gouvernements qui se succèdent, il n’existe pas de plan plus précis qui puisse indiquer la volonté et des actions sûres pour développer le secteur. Le président Félix Tshisekedi, par exemple, n’annonce aucun chiffre sur ce qu’il entend faire, ni quand il compte démarrer ses actions.

En attendant, les pauvres sans électricité continuent à brûler chaque nuit la bougie, d’autres du pétrole, avec tous les dangers de pollution et d’incendie qui vont avec.

 

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Les commentaires récents (3)

  1. Voilà ce qu’attend la population du métier de journaliste, des analyses objectives à l’exemple de celle-ci. Merci!!

  2. Vous avez parfaitement raison. C’est un problème qui montre que le pays va de mal en pire malgré toutes les promesses de notre aimable Président de la République S.E.M Félix Tshisekedi