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RDC : le français ne nous sert pas, et si on migrait vers l’anglais ?

Avez-vous déjà expérimenté ce sentiment de frustration extrême ? Avoir de bonnes idées en soi, être dévoré par l’envie de les partager mais la bouche se bute à une barrière infranchissable.

C’est cela qui m’est arrivé en février 2020 : je faisais partie de 3 Congolais qui ont représenté la jeunesse à la 36e session de formation en Leadership fournie par le centre YALI « Youth African Leaders Initiative » au Kenya.

Donc, des mots sortent de la bouche mais ce ne sont pas ceux qui traduisent réellement ce que vous voulez exprimer. Car ils sont plus de balbutiements que des phrases. J’ai toujours su, en effet, que ne pas maîtriser l’anglais était une erreur. Mais finalement je me suis rendu compte que c’est plus que cela : il s’agit d’un handicap intellectuel.

Ne pas connaître l’anglais, un facteur éliminatoire

L’initiative Yali a été créée par l’ancien Président américain Barack Obama en vue de former la future génération des leaders africains ayant la vision de Nelson Mandela. Le hub régional pour l’Afrique Centrale et de l’Est a 14 pays membres. Étant venus des différents pays, la seule langue qui puisse réunir la centaine des jeunes est l’anglais.

Combien n’a pas été ma désolation de constater que malgré mon diplôme de licence, je n’étais pas en mesure de m’exprimer clairement dans la seule langue que le monde parle ? Quelle frustration ! Quelle honte pour mon orgueil francophone quand un jeune Ethiopien me demande : « Which language are you speaking ? Is it Congolese ? » (Quelle langue êtes-vous en train de parler ? C’est du congolais ?).

Pourtant, je socialisais entre-temps en français avec un jeune Rwandais qui parle aussi difficilement français et ne le faisait que pour moi.

Quelle déception de constater qu’un géant pays comme le Congo démocratique, avec environs 90 millions d’habitants, n’est représenté que par 3 personnes au même rang que l’Érythrée qui n’en a que 5.

Pendant ce temps-là, des pays comme le Rwanda et le Burundi ont été représentés par 4 et 5 jeunes, l’Ouganda et la Tanzanie avec près de 10 chacun. Tout ça parce que la langue fait partie de barrière pour nous Congolais.

L’anglais est incontournable pour tout développement

Par ce billet, je vais lancer mon cri d’alarme pour que la jeunesse congolaise comprenne que la seule langue des grandes opportunités est l’anglais. On doit s’y mettre. On n’a pas le choix !

Comme je l’ai dit dans un précèdent blog, que feriez-vous dans le numérique aujourd’hui, sans l’anglais ? Combien d’offres d’emplois exigent de plus en plus la maîtrise de cette langue comme critère d’éligibilité ?

Et d’ailleurs, regardez chez ceux qui nous ont donné le français : les Belges et les Français. Aujourd’hui, plus la majorité des diplômes postuniversitaires (mastère, doctorat) sont devenus obligatoirement bilingues (français-anglais), en France tout comme en Belgique.

Ceci n’est pas un appel au boycott du français. Car le français n’est pas que la seule langue qui uni et les 450 tribus congolaises de l’Est à l’Ouest et du Nord au Sud en RDC. Il est aussi et surtout, la langue des millions de locuteurs dans le monde. Mais mon appel vise à encourager plusieurs jeunes à prendre au sérieux le défi de l’anglais pour être à la hauteur de l’évolution de notre siècle.

 

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Les commentaires récents (21)

  1. Beau billet et je suis totalement d’accord avec vous. Il faut davantage diversifier nos compétences et être plus compétitifs… L’anglais devrait donc être adopté..

  2. Hervé MUKULU, je n’ai pas pu postuler à cette opportunité à cause de l’anglais. Ce cri d’alarme, je pense qu’il est arrivé aux oreilles de jeunes congolais qui veulent saisir les opportunités qui se présentent en anglais. Merci pour cet article, combien intéressant !

  3. Le problème n’est pas celui de l’Anglais ou du français. Le problème c’est le congolais. Il est tellement cloisonné dans son système d’éducation copié de la Belgique qu’il en fait aujourd’hui l’amère contact.

  4. C’est très vrai mon frère et cher compatriote, le français ne nous sert à rien en RDC. C’est une langue de sous-développenent. Comparez-vous même l’organisation sociale et développement entre pays francophones et anglophones d’Afrique, et voyez l’écart qui s’y impose. L’anglais est incontournable aujourd’hui. Tu peux avoir tant de diplômes aujourd’hui, mais sans la connaissance de cette langue tu es presque analphabète. J’y ai déjà pensé plusieurs fois. Migrons pour l’anglais si possible, mettons fin à cette affaire de francophonie. Le français ne sert plus à rien aujourd’hui dans le concert des nations. Migrons, il est plus qu’urgent! Moi je suis pour cette idée, le français ne nous amènera nulle part. Migrons, migrons et migrons!

  5. la c’est la vérité avec français on fera rient du tous. il ya combien des pays au monde qui parle français. peuple congolais réveillée vous pour sa sortie à l’avenir du demain. il ya deux fois on voyage dans des pays anglophones et pour trouver l’emploi et commencer à travailler sans nous prend du temps par ce que on comprend rien en anglais

  6. Je suis tout à fait d’accord avec vous, moi j’étais demi-finaliste au programme de Mandela Washington fellowship (MWF) , mais éliminé à l’interview à cause de mon pauvre anglais, j’avais les idées que je ne parvenais pas à bien exprimer.
    il faut songer au programme bilingue dans notre système éducatif.

  7. L’anglais est bien sûr une langue incontournable à l’aire actuelle apprenons afin de capitaliser les opportunités chers congolaise et congolais.