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RDC : vers un pays moins corrompu ?

Le nouveau président de la RDC crée la surprise en reversant 163 300 dollars américains dans les caisses de l’Etat. C’était le reste de ses frais de mission lors de sa dernière tournée africaine. Serions-nous en train de cheminer vers un Etat de droit qui respecte les deniers publics ?

Durant les 54 dernières années, aucun président congolais n’avait posé un tel acte. Seul Joseph Kasavubu, premier président de la RDC l’avait fait, mais après lui personne d’autre. Disons clairement que Mobutu et les Kabila, ne l’ont jamais fait. Les « frais de représentation de la présidence de la République » comme on appelle ces frais de missions à l’étranger du président, passaient pour de l’argent de poche pour les trois derniers prédécesseurs du président Félix Tshisekedi. Cela est en passe de changer.

La corruption, ce fléau qui dévaste les institutions du pays

Lors de son investiture, Félix Tshisekedi s’était engagé à mener une lutte sans merci contre la corruption. Il a promis « une stratégie de lutte contre la corruption dans l’ensemble des rouages de l’administration publique ». Cette restitution de ses frais de mission au Trésor public est une belle illustration de sa volonté de moraliser la vie publique pour son pays qu’il veut « fort, tourné vers son développement dans la paix et la sécurité où chacun aura sa place ».

Les contribuables congolais longtemps « escroqués » par les dirigeants ne pourraient que se sentir désormais respectés si une telle transparence était instaurée à tous les niveaux. Ce serait une vraie lutte contre la corruption.

On se souvient aussi de cette nouvelle persistante sur les réseaux sociaux, deux jours après son investiture, qui disait que Félix Tshisekedi a « retourné des cadeaux des communautés indienne, pakistanaise et libanaise de Kinshasa ». Même si rien d’officiel n’avait filtré sur ces présumés cadeaux, l’entourage du président en a parlé.

Ce qu’en pensent certains Congolais

Relayé sur les réseaux sociaux, l’acte du président Félix divise les Congolais. Un abonné de la page Et si nous parlions d’Histoire écrit : « Je suis heureux d’apprendre cela, pourvu que cet élan dure. » Même souhait pour Patrick Makobo qui espère un réel changement en RDC : « Nous serions encore plus heureux si certaines pratiques disparaissaient. Nous espérons une amélioration de la vie sociale du Congolais… »

Mais des sceptiques il y en a toujours, parmi eux Rakim Kimputu qui écrit : « On ne lutte pas contre la corruption en rendant ses restes après avoir bouffé la plus grosse part. On lutte contre la corruption en mettant les corrompus en prison. »

Robby London, lui, croit que c’est de la poudre aux yeux pour préparer de plus gros détournement d’argent plus tard, il écrit : « Quand on veut attraper un rat, on l’attire d’abord avec des miettes. »

Sur WhatsApp, un ami me fait aussi part de ses doutes en évoquant le président burundais : « Pierre Nkurinziza avait aussi commencé sa présidence de cette même manière, mais après trois missions à l’étranger, il arrêta de le faire et ne l’a plus jamais refait. » Il se retient de juger Félix, mais attend d’observer la suite.

Le président a d’autres comptes à rendre

Dans les trente jours suivant son entrée en fonction, le président doit déclarer son patrimoine familial. Donc, déclarer ses richesses et tous ses biens, sinon il pourrait être déclaré démissionnaire. Or, cela fait 28 jours que Félix est en fonction jusqu’à présent, il ne l’a pas encore fait. C’est même ce que lui rappelle l’internaute Robby London : « Qu’il déclare d’abord son patrimoine familial avant d’entrer profondément dans les affaires. »

Mais il y a aussi une autre affaire, celle de son diplôme universitaire. Dans son CV le président prétend avoir obtenu un diplôme de graduat à l’Institut des carrières commerciales (ICC), mais cette dernière  ne lui reconnaît pas ce diplôme. Ces deux dossiers font tache d’huile, mais n’obscurcissent pas l’éclat du geste de Félix.

Prêcher par l’exemple et non par les paroles a toujours été une chose très efficace. Le geste du président, même s’il soulève des questions (beaucoup se demandent quelle était donc la somme qu’il avait reçue, si le reste est 163 300 dollars), ce geste donc donne un exemple fort de redevabilité. Le Congo pourrait bien être en train de vivre un changement qui commence par la tête.

 

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