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[Revue de la presse] Un nouveau dialogue par les armes en RDC depuis Uvira ?

La crise politique congolaise va-t-elle passer des dribles, des joutes et des trahisons aux kalachnikovs ? C’est en tout cas des questions que se posent certains médias après les récentes attaques des Maï-Maï Yakutumba à Uvira, au Sud-Kivu. La semaine dernière, la ville a résisté à deux attaques. Les assaillants demandent le départ du président Kabila du pouvoir et brandissent l’article 64 de la Constitution.

Alors que les combats faisaient rage au Sud-Kivu, le chef de l’armée congolaise, le général Didier Etumba y voit un « feu de paille » et banalise les attaques des miliciens Maï-Maï dirigés par l’ancien général de l’armée Yakutumba à Uvira. « C’est un feu de paille, nous allons  l’éteindre et nous allons nous organiser comme toujours pour essayer d’en finir définitivement avec ces groupes », a déclaré Didier Etumba.

Une assurance que le journal Le Phare tente de décourager. « Uvira : on joue avec le feu ! », s’exclame le quotidien de Kinshasa. Il explique que l’attaque du 28 septembre est la deuxième consécutive repoussée par l’armée en moins d’une semaine. Durant 48 heures, la population « a tout arrêté », un calme précaire est revenu dans la deuxième ville du Sud-Kivu.

Que veulent les Maï-Maï ?

La question que se posent de nombreux Congolais, RFI se l’est posée aussi : « Que veulent les Maï-Maï Yakutumba ? » Cette question n’a trouvé qu’en partie sa réponse. On sait au moins, explique RFI, qu’avec environ 2000 hommes, d’anciens combattants démobilisés et de nouveaux hommes enrôlés, « leur chef, ancien officier, William Amuri Yakutumba, dit vouloir renverser le régime de Kabila pour toute une liste de raisons qu’il nous a exposées il y a deux jours avant d’attaquer Uvira. »

Le Phare se demande si c’est bien une nouvelle guerre qui démarre à partir de cette ville qui en a déjà vu une autre bien connue : celle qui signa la chute de Mobutu par Laurent-Désiré Kabila. Le journal observe « un soubassement politique » des revendications des assaillants. Ils sont organisés autour de l’« Alliance pour l’Article 64 ». L’article 64 de la Constitution congolaise donne mandat à tout citoyen, en effet, de faire échec à tout individu ou un groupe qui veut prendre ou exercer le pouvoir en violation de la Loi fondamentale. Les Yakutumba veulent la chute de Joseph Kabila, un président accroché au pouvoir alors qu’il a épuisé ses deux mandats constitutionnels et est inéligible depuis décembre 2016.

Yakutumba exige le départ de Kabila

Depuis la chute de la localité de Mboko, près d’Uvira, écrit le quotidien kinois La Tempête des Tropiques, l’armée a renforcé sa présence dans la ville. Elle a résisté et repoussé les assaillants, avec l’aide de la Monusco. Des assaillants qui ont tout de même résisté pendant deux heures. La mission onusienne « tient au respect de l’Accord » du 31 décembre 2016, écrit La Tempête des Tropiques. Un accord qui engage le président Kabila à organiser les élections en 2017 et à ne pas s’y représenter après ses deux quinquennats consécutifs.

Une pique promet de faire mal à la communauté humanitaire et aux onusiens. Samedi, le ministre du Développement rural Justin Bitakwira a accusé l’ONG Médecins sans frontières (MSF) d’avoir armé les Yakutumba. Le site Politico.cd a, toutefois, fait observer que Bitakwira « est peut-être allé trop loin cette fois ». L’homme est habitué des polémiques et surtout n’avance aucune preuve.

Sur Twitter, MSF a dénoncé des propos offensants à son égard. Engagée dans l’action humanitaire depuis 1982 en RDC, l’ONG internationale est en ce moment en train de traiter les malades de choléra à Uvira, rapporte Radio Okapi.

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