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Sabotage de l’effigie de Tshisekedi, ce qui s’est réellement passé

Dans l’après-midi du lundi 11 septembre 2017, deux jeeps de la police débarquent dans le quartier Kingabwa Mbamu, dans la commune de Limete. Objectif : enlever l’effigie d’Etienne Tshisekedi placée au-dessus d’un pont inauguré le même jour par l’ancien député de l’UDPS, Gaudard Motemona.

Cette action de nos forces de l’ordre a provoqué la colère d’une grande partie de la population. Celle-ci pointe un doigt accusateur en direction du ministre provincial de l’Intérieur, Godard Motemona, un autre leader « puissant » du quartier Kingabwa.

Immédiatement après cet acte de sabotage, certains jeunes décident de s’en prendre au ministre Gecoco Mulumba en allant attaquer son fief. Alertée, la police intervient avec force sur le terrain appelé Waya-waya, à quelques encablures  du pont réhabilité. Des coups de feu sur place font que marchés et boutiques ferment en urgence, et les rues se vident. Une partie du quartier Kingabwa est restée paralysée jusqu’à la tombée de la nuit.

Quant à la fameuse effigie du défunt opposant Etienne Tshisekedi, elle a été coupée en mille morceaux et jetée dans l’eau sous le pont, par les éléments de la police. Le reste est emporté par le vent. Sommes-nous en train d’assister au début d’une guerre d’influence entre ces deux hommes qui se réclament leaders de Kingabwa ?

Une question d’effigie

S’il ne s’agissait pas de l’effigie d’Etienne Tshisekedi, les choses se seraient peut-être déroulées autrement. Gecoco Mulumba n’est pas, en effet, à son premier geste de « générosité » au quartier Kingabwa. Habitant ce quartier depuis plusieurs années, l’homme s’illustre par des actions d’éclats. La dernière en date est la réhabilitation d’un autre pont dénommé « José ».

Le pont « José » et le pont sur lequel était accrochée l’effigie de Tshisekedi sont d’une grande importance. Tous les deux permettent de désenclaver le quartier Kingabwa. Cependant, pour le premier, Gecoco n’a jamais pensé à le rebaptiser, encore moins à y placer une effigie quelconque. Après avoir élargi et modernisé ce pont, Gecoco Mulumba s’est juste contenté d’inscrire le nom initial du pont. Seulement voilà, dans un contexte de tension politique à Kinshasa entre majorité et opposition, l’effigie de Tshisekedi sur un pont, peut paraître comme une provocation.

On se demande aussi pourquoi l’ancien député n’a-t-il pas gardé le premier nom connu de cet autre pont ? « Kulumba » est son vrai nom. Pourquoi le marquer de l’effigie du chef défunt  de son nouveau parti politique ? Entre provocation, guerre de leadership et actions sociales, cette commune de Limete pourrait nous réserver bien des surprises lors des élections à venir.

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