article comment count is: 4

Les sanctions de l’Union européenne sans effet sur Kabila ?

Les dernières sanctions de l’Union européenne contre les autorités de la RDC risquent de radicaliser le régime de Joseph Kabila. Les personnalités ciblées par ces sanctions vaquent paisiblement à leurs occupations et semblent ne pas s’en inquiéter.

En visant les proches du président congolais, l’Europe entend inciter le régime à  respecter les droits de l’homme et les libertés fondamentales, mais aussi à organiser des élections dans les meilleurs délais selon l’Accord politique du 31 décembre 2016. Ces sanctions s’ajoutent à d’autres similaires prises auparavant par l’UE et les Etats-Unis à l’encontre des membres du régime Kabila. Mais les Congolais mettent en doute l’efficacité de ces sanctions.

Viser Joseph Kabila sans le toucher directement

En sanctionnant les personnalités de son régime, c’est en réalité Joseph Kabila qui est visé. C’est lui qui est à l’origine de la crise politique que connaît son pays. Kabila constitue le point de blocage de la démocratie et du processus électoral. Le règlement de cette crise passe par son départ. Certes, ces sanctions en cascade le touchent indirectement parce qu’il est le premier symbole de l’État, mais au final, elles ne changent rien à la situation.

Aussi longtemps que Kabila restera au pouvoir au-delà de son dernier mandat constitutionnel, la crise continuera et les sanctions se succéderont.  Seulement voilà, si l’on n’y prend pas garde, ces sanctions et ces oppositions acharnées et tranchées risquent de ne porter aucun fruit. Aujourd’hui, les efforts des uns et des autres devraient plutôt encourager la classe socio-politique congolaise à agir davantage pour une sortie de crise apaisée. Il est nécessaire de consolider les consensus politiques trouvés et de soutenir le processus électoral engagé.

Les sanctions risquent d’être contreproductives

C’est d’ailleurs le point de vue de l’Union africaine et des organisations sous-régionales dont la RDC est membre. L’option des sanctions telle qu’adoptée par l’UE pourrait être contreproductive. Au lieu d’entraîner les effets souhaités, elles pourraient amplifier davantage la crise et radicaliser les positions d’une partie des acteurs nécessaires à la résolution du problème. Accablé, acculé et traqué de toute part, Kabila apparaît désormais dos au mur et risque de ne plus avoir pour solution que d’en découdre, car il n’aura plus rien à perdre.

Les réactions de son régime à ces sanctions internationales en disent long : « …Ils ne rêvent que de nous voir peut-être disparaître ou bien faire de nous un nouveau Soudan, une nouvelle Lybie ou une nouvelle Somalie (…) Nous allons résister à cela », déclarait Lambert Mende. Des exemples de crispation et de radicalisation des positions ont été observés dans des crises où l’Union européenne a exercé une politique trop répressive. C’est notamment le cas du Burundi voisin qui, comme la RDC, crie au complot, au chantage, au diktat et au néocolonialisme.

Partagez-nous votre opinion

Les commentaires récents (4)

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure utilisation sur ce site web.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Si vous souhaitez en savoir plus sur les cookies que nous utilisons, veuillez lire notre politique relative aux cookies.