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Slamer pour dire tout haut ce qui se trame tout bas

Slamer c’est faire se télescoper les mots avec harmonie ! C’est dire ce qu’on ressent, en agençant des terminaisons qui riment. Slamer c’est aussi prendre la parole ou l’arracher ! Dire les choses ouvertement là où les autres balbutient.

À Kinshasa, beaucoup de jeunes excellent dans cet art oratoire qui semble aujourd’hui prendre la place du griot. Dans nos traditions, les griots racontaient non seulement le passé héroïque des peuples, mais aussi chantaient les valeurs fondatrices de nos tribus, faisaient des éloges aux rois ou encore pouvaient dénoncer ce qui ne va pas dans la société. C’est exactement ce que font les slameurs.

Un recueil de slams pour l’amour du Congo

Le slameur congolais parle de son peuple, de son époque, des difficultés de la vie, de l’actualité, d’ici et d’ailleurs. Il peut crier tout haut ce qui se trame dans des officines politiques ou dans le secret de la nuit.  Cet art du slam prend de l’ampleur au Congo. Certains sortent des albums de slam, des singles de slam. D’autres préfèrent laisser des traces écrites de leurs paroles. C’est le cas du poète et slameur congolais, Micro-Méga Bandefu Bokoli qui vient de publier son deuxième recueil de poèmes intitulé : « Rimes nationales ». C’est un recueil de dix slams écrits et qui traduisent les espoirs et les inquiétudes d’une génération.

Micro-Méga parle de ses compatriotes, mais aussi du monde. Ce recueil est pour lui un « cri d’un fils du pays face à ce qu’il se passe au Congo  ». Micro-Méga n’écrit pas ses slams juste pour le plaisir, c’est aussi son gagne-pain.

En ce temps où notre pays traverse une période critique de son histoire, Micro-Méga nourrit une certitude : selon lui « le Congo est un pays de l’avenir en raison de ses nombreuses potentialités ; nos forêts, nos cours d’eau… font de notre pays une grande réserve qui va aider le monde en matière de changement climatique », affirme le poète. Pour Micro-Méga, « il est nécessaire que les jeunes Congolais enrichissent leur esprit au moyen de la lecture afin d’avoir un niveau de connaissance suffisant qui leur permettra de travailler pour relever le pays. »

Dans un extrait de son texte intitulé : « Corruption », l’homme s’adresse à la corruption et dit :

Tu n’es qu’une fausse monnaie

Dont l’usage est condamné !

Avec un cœur déterminé

Nous voulons te déraciner,

Car tu ressembles à l’ivraie

Et tu gênes notre croissance :

Nous voulons donc te séparer

Du bon grain

avec intelligence.

Nous sommes fiers qu’il y ait au Congo cette jeunesse consciente, militante et agissante. Nos slameurs en font partie. 

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