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Snel Kisangani, incapable de donner l’électricité ?

La ville de Kisangani est en proie au délestage infini en énergie électrique, surtout en période d’étiage. Pourtant, c’est un fait prévisible qui se produit chaque année, à des périodes bien connues. Pourquoi donc ce calvaire interminable ?

L’énergie électrique dans la ville de Kisangani est produite par la centrale installée sur la rivière Tshopo. Cette centrale date de 1954, et pour le moment n’a qu’une capacité de 12 mégawatts pour une ville qui compte plusieurs habitants et industries.

La brasserie locale, par exemple, consommerait à elle seule 2,5 mégawats, la Régideso 0,8 mégawats et la Sotexki 0,5 mégawats. Toutes ces sociétés réunies consomment plus d’électricité. Raison pour laquelle une partie importante de la ville vit dans le noir.

La rivière d’où provient cette énergie connaît tantôt des crues (généralement les mois d’avril et de novembre) et tantôt des étiages (généralement entre janvier et mars). Ce qui a des répercussions énormes sur la production de l’électricité. La Société nationale d’électricité (Snel) ne maitrise malheureusement pas toujours ce qui se passe.

Snel Kisangani, complice ou incapable ?     

À sa création en 1954, la centrale hydroélectrique de Kisangani comptait 3 turbines qui produisaient 19,65MW. Depuis 2017, une machine est tombée en panne. À la base, la vétusté des machines, la croissance démographique qui sollicite plus d’énergie, la limitation des puissances des cabines, des pannes répétées des machines, et la production inferieure à la consommation, explique l’ingénieur Michael Dubakanga. C’est le Groupe 1 qui permet à ce que la Snel ne produise désormais que 12MW.

La croissance de la population, en effet, fait que la demande de la ville en électricité atteigne les 40 mégawats, ce que la centrale ne peut pas produire et n’a jamais atteint, se plaint Michael Dubakanga.

Kisangani est une ville située entre plusieurs cours d’eaux. C’est presqu’une île : d’où son nom qui vient de « Kisanga », qui veut dire « île ». Elle ne manque donc pas de potentiel électrique. Pourtant, l’électricité fait défaut. Je pense qu’il faut juste un peu de volonté pour changer cette situation.

Le problème que connait le barrage hydro-électrique de la Tshopo ne peut se résoudre seulement au niveau local. C’est une affaire nationale, et la 3e plus grande ville de la RDC ne devrait pas sombrer dans de telles situations honteuses. Il est toujours étonnant de voir que la Snel ne fournit presque pas d’effort pour renouveler les machines vétustes ou réhabiliter celles en panne. On ne devrait pas attendre qu’une nouvelle turbine cesse de fonctionner pour intervenir.

 

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