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Témoignage d’un enseignant : la gratuité est venue nous enterrer

Quelqu’un a-t-il pu poser la question aux enseignants sur ce qu’ils vivent depuis la gratuité de l’école imposée par le président Félix Tshisekedi ? Les grèves se radicalisent, les cours s’interrompent intempestivement. Pendant ce temps, les élèves chôment.

Depuis la rentrée des classes en septembre, les enfants n’ont étudié que quelques jours. Les enseignants se justifient en disant que leurs droits sont lésés. Ils demandent aux parents de leur donner quelque chose en supplément du peu d’argent qu’ils reçoivent de l’État, chose que les parents et l’Etat désapprouvent.

J’ai interrogé Bahati Albert, enseignant à l’école primaire Matunda. Voici notre conversation :

Est-ce que la gratuité de l’école est vraiment effective chez vous ?

On ne voit pas cette gratuité de façon palpable. Elle est venue enterrer les enseignants. Avant, un enseignant avait un salaire mensuel de 314 $ au minimum, mais aujourd’hui son salaire a été divisé en deux. On reçoit environ 150 $ le mois.

Les enseignants de Matunda reçoivent-ils tous leurs salaires ?

Seuls les enseignants ayant un numéro matricule touchent quelque chose à la fin du mois. Ceux qui n’en ont pas ne reçoivent rien. Or, nombreux sont les enseignants qui ne sont pas matriculés. Ils vivent une vie de précarité et d’extrême pauvreté puisqu’ils n’ont jamais touché même un franc de la part de l’État. Aucun enseignant au monde ne peut offrir de bons services s’il n’est pas payé.

Le salaire que vous recevez, vous permet-il de répondre à vos responsabilités ?

Les charges sont légion. À cause de ce salaire minable que nous recevons de l’État, nous avons cessé d’être parents. Je n’assume plus correctement mon rôle en tant que père et chef de famille. Qui dit papa dit pain. Quand un père revient à la maison mains vides, il n’est pas digne d’être appelé ainsi. Vous cessez d’être papa quand vous n’êtes plus à même de répondre à vos charges et responsabilités. Ça me fait très mal quand un enfant me demande une collation et que je ne suis pas en mesure de la lui donner.

À la maison, il y a une multitude de charges qui nous attendent, entre autres : loyer, soins médicaux, frais de transport, nourriture… Face à ces charges innombrables, il est difficile pour nous de nouer les deux bouts si on est moins payé.

Quel est le message que vous pouvez adresser aux autorités ?

Que les autorités trouvent vite une solution pouvant satisfaire tout le monde. On a perdu beaucoup de temps à la suite des grèves à répétition. Nous, enseignants, voulons tous être payés à la hauteur de notre travail.

[Bahati dit que si rien ne change, il n’hésitera pas à renoncer à l’enseignement, NDLR].

 

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Les commentaires récents (3)

  1. Mais pourquoi pour un reportage fait le 5 Décembre 2019 vous utilisez une photo qui date de 2012 et en plus cette école sur la photo n’est même pas concernée par la gratuité?
    C’est vraiment pas sérieux.
    Apprenez également à travailler professionellement s’il vous plaît!!!

  2. Okay c’est bien beau que vous vouliez parler de la gratuité de l’enseignement je n’en disconvient pas mais svp arrêté de prendre les gens pour des cons !! Comment expliquer que pour parler de la gratuité vous utilisez une photo qui a été prise en 2012 dans une école qui ne pas du tout concerné par la gratuité?
    Apprenez à vérifier vos sources svp

  3. Localisez cette école et nous saurons si l’on payait 300$ à l’enseignant car si ce dernier n’a pas vu le bienfait de gratuité avec 150$..Il y a plusieurs qui ne parvenaient pas à toucher 25$au bout du mois et aujourd’hui saluent ce salaire de 150$.Pourquoi n’interroge-tu pas l’enseignant de l’école au service de nation au lieu de celle qui exploiter des pauvres parents ?