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RDC, universités : Jean-Marc Kabund vaut mieux qu’un fraudeur

Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, Jean-Marc Kabund, est sans doute dans l’actualité depuis deux ou trois semaines en RDC. Beaucoup l’y martyrisent, notamment au sujet d’une évocation d’une citation latine attribuée maladroitement à un Auguste César plutôt qu’à Jules César, le Latin. Kabund étudie, et en RDC : il honore son pays.

Mais, moi, c’est un personnage courageux que je vois. Je m’explique.

Assis dans une salle de classe, devant un jury constitué pour évaluer son travail de fin de cycle de graduat, Jean-Marc Kabund a défendu son travail académique. Fièrement, on le voit sur des photos, afficher son travail. C’est un acte triplement assumé.

Etre sincère et honnête pour aller loin

D’abord, Kabund atteste par ce fait qu’il étudie. Cela tend à confirmer la rumeur selon laquelle jusqu’à son ascension rapide au sein du parti présidentiel, UDPS, il n’avait pas de diplôme universitaire. Et il est passé du secrétaire général du parti au vice président de l’Assemblée nationale.

Ensuite, Kabund n’est pas complexé. Il reconnaît ses limites et va vite apprendre. On sait que beaucoup dans sa situation se sont plu à acheter des diplômes, à coup de billets de banque ou de pressions politiques. Membre du parti présidentiel, ça donne quand même pas mal d’entrées dans plusieurs bureaux, en RDC.

Enfin, cet homme politique a choisi, malgré les moyens dont il peut disposer, d’étudier dans une université de son pays. Plusieurs dans sa situation, ont choisi des universités occidentales.

De cette manière, ils ont pu se pavaner d’avoir fait de bonnes ou sérieuses études. Mais du même coup, ils ont fait la publicité des universités étrangères et ont décommandé ainsi auprès des jeunes et d’autres compatriotes, l’inscription dans les universités nationales.

Le patriotisme en actes

Il n’y a pas meilleure façon d’enseigner à aimer ou à consommer le fameux « Made in RDC ». Beaucoup le professent du bout de leurs lèvres, mais peu seulement y parviennent par des actes. Avoir vu, par exemple Joseph Kabila étudier dans une université sud-africaine après 18 ans au pouvoir, cela m’a fendu le cœur. Imaginez qu’il ait choisi une université de la RDC et qu’il se soit présenté devant un jury de professeurs de son pays !

Malheureusement, il lui a manqué le courage. Et c’est très dommage. Car si même les dirigeants de ce pays ne peuvent aller eux-mêmes dans nos écoles et nos universités congolaises, ou y envoyer leurs enfants, qui d’autres devrait y aller ?

Pour toutes ces raisons, je félicite Jean-Marc Kabund. C’est un patriote.

 

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