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Destitution de Kabund : l’UDPS à l’épreuve de l’Etat de droit

La destitution de Kabund du poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale irrite à l’UDPS. Le parti présidentiel semble oublier que c’est aussi cela l’Etat de droit brandi par ses militants depuis que Tshisekedi est aux commandes. Je pense que les anciens opposants devraient faire preuve de maturité après environ quatre décennies de lutte pacifique.

Il ne l’avait pas vu venir. Jean-Marc Kabund vient de perdre son poste suite à la pétition du député Mamba. Après avoir allégué qu’une plénière coûtait 7 millions de dollars à la République, il a boudé les invitations d’un collègue à apporter des preuves. Le pétitionnaire étant de l’opposition, cela ne représentait aucun danger pour Kabund qui comptait sur les élus de Cach et du FCC. Pourtant, bien avant le vote, il était clair que l’UDPS ne bénéficierait d’aucune solidarité des députés FCC.

L’UDPS doit éviter de donner un exemple qui fragilise les institutions

Cela étonne plus d’un. Les militants de l’UDPS ont manifesté dans les rues à travers le pays. Mais il faut éviter le piège. Le parti de Kabila a réussi à contenir sa jeunesse révoltée lors de l’arrestation de son vice-président Henry Magi ; Kamerhe a calmé ceux de l’UNC qui dénonçaient dans son arrestation un procès politique. Pour ces cas-là et plusieurs autres, l’UDPS a fait l’apologie de l’Etat de droit. Il est temps de se montrer à la hauteur du fair-play qu’on exigeait des autres. Sinon, ce serait un début de rébellion contre les institutions. Qui contesterait les décisions de justice ? Qui saboterait les mesures des autorités ? Et Fatshi n’a pas besoin de ce genre de comportement.

Sauver le quinquennat de Fatshi

L’UDPS devra vite revenir à la raison. D’autant plus que le verdict du vote interpelle. Les 289 députés qui ont éjecté Kabund représentent 92% des 315 votants. Naturellement, ils sont de toutes les obédiences. Le chef de l’Etat sait qu’il a le soutien extérieur mais la politique est au pays. Dans son Cap pour le changement, les proches de Kamerhe sont frustrés. Dans sa coalition avec Kabila, on s’ennuie avec un partenaire hautain. A Lamuka, les anciens camarades de l’opposition voient toujours en lui un traître. Le parti de Limete compte sur la justice pour se venger contre le FCC mais, d’ici à 2023 le peuple attend un bilan. L’UDPS devra éviter la paralysie des institutions.

 

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