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#UnivsansHarcelement : Comment j’ai repris l’année à cause d’un « non »

Nous sommes en 2006, je suis étudiante en première année de graduat à l’université de Lubumbashi. C’est la période des examens. Concentrée sur ma feuille, un de surveillant méconnu, dans sa ronde de la salle, passe aussi par mon écritoire. Il s’y arrête une petite minute, murmure mon nom puis continue sa ronde.  

C’est à cet instant là qu’il avait détecté en moi, sa proie à harceler. Je vous raconte comment j’ai repris l’année à cause d’un « NON ».

Quelques temps après, je dirais deux ou trois semaines plus tard, il vient me passer un bonjour à chaque fois que nos chemins se croisent à la faculté. Ça devient un peu gênant… puis finalement, il se rapproche de moi, me rappelle qu’il était surveillant à une de mes épreuves. Avant d’ajouter en tant que fils de prof « je peux t’aider à avoir plus des points tu sais… mais cela dépend de toi.»

« Tu reprendras bel et bien ton année académique à cause de moi »

Il me fait des avances durant une bonne période sans arriver à ses fins. Finalement, il me menace de me faire reprendre l’année académique si je ne cède pas. « Tu es très jeune, très belle et intelligente, cède et je ferai en sorte que tu réussisses en première session », me dit-il. Ma réponse était un « non, jamais » catégorique.  Vu que mon calendrier académique évoluait parfaitement bien par rapport aux moyennes déjà publiées. J’étais si sûre de moi et de mon université que je savais qu’il n’allait rien m’arriver.  Mais hélas ! c’était sans compter sur la malice de ce pervers. En fin d’année académique, comme par magie, j’ai effectivement échoué. « je t’avais dit quoi! Tu n’as pas voulu m’écouter… » Me rappelle-t-il un jour alors qu’on se croise à l’université.

C’était pour lui une façon de me trainer à ses pieds, de me rabaisser, de m’humilier… et oui, c’est exactement ce sentiment désagréable de rabais et d’humiliation que je ressentais.

« Faire preuve du courage »

J’avais le remord, je comptais même changer de fac pour l’éviter, mais cela ne m’avait pas convenue. J’ai repris donc mon année la mort dans l’âme … Bien que, plus tart monsieur réapparait et reconnais son tort. Mais malgré ça, une année de perdue ça ne se rattrape pas.

Mais alors, puisque déterminée et assoiffée de réussir, j’ai marché par-dessus l’échec, l’humiliation, etc. Et sans regarder en arrière, j’ai foncé jusqu’à finir mes études en 2012.

A toutes les étudiantes victimes des harcèlements sexuel, je vous prie d’avoir le courage de dire « non » aux avances des bourreaux et de les dénoncer de vive voix.

 

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