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Virus Ebola : le contrôle fait peur, mais c’est pour notre sécurité

Dans plusieurs aéroports, on nous fait passer par le lavage des mains. On prend également notre température. Mais, qu’on le veuille ou pas, cette formalité fait toujours peur. Non seulement c’est une formalité de trop, mais aussi vous ne savez pas quelle surprise un test de virus Ebola peut vous réserver. S’il est négatif ou positif.

Ce jour-là, en provenance de Mbujimayi nous atterrissons à l’aéroport de Kinshasa autour de 13 heures. Nous nous dirigeons vers l’aérogare, notamment du côté où se passent les formalités d’arrivée. « Attendez s’il vous plait, service d’hygiène ! », nous lance une femme en blouson blanc. Elle ajoute : « Juste un petit contrôle de santé et rien de plus. »

Contrôle anti-Ebola     

La dame nous fait former une longue ligne pour prélever la température de chaque passager débarquant, là en plein air sur le tarmac. Tout le monde attend. Certains protestent. Il fait très chaud. Imaginez le soleil de 13 heures dans une ville comme Kinshasa.

Chacun passe à tour de rôle et offre la tempe pour que la femme y passe son thermomètre frontal. Et d’une voix audible elle communique la température de la personne à une autre femme de son équipe qui prend note dans un registre. On peut entendre des chiffres comme : 36 degrés ; 37, etc. Seulement, leur service travaille trop lentement, alors que le soleil nous brûle la peau.

J’ai remarqué que chaque fois qu’on dit : 36 ou 37 degrés, on laisse passer la personne. En dessous de 38 degrés, votre température est normale. Mais lorsqu’on dit : « Température : 38 degrés », là il y a un problème. On ne vous laisse pas passer, on vous met à l’écart. Et les gens vous regardent bizarrement. C’est comme si on sépare les brebis des boucs, le blé de l’ivraie. Mais cela ne veut pas forcément dire que vous avez Ebola. Une chose est sûre : c’est gênant. Devant moi, il y a eu environ 6 personnes avec des températures au-delà de 37 degrés. On les a mises toutes de côté.

Ceux qui sont encore dans la ligne ont l’air inquiet et se demandent ce que serait leur sort. Moi aussi. Je suis très mal à l’aise. Et lorsque mon tour est venu, je m’approche, on met le thermomètre… Et j’entends : 38 degrés !  Aïe ! On me jette aussi dans le mauvais groupe, celui des laissés pour compte. Les autres sont passés en faisant : ouf ! Ouf ! Pendant ce temps, le soleil est de plus en plus accablant.

Le service s’est trompé d’avion       

Nous sommes une dizaine de personnes à être retenues pour « température suspecte ». Certains parmi nous tremblent presque. Tout d’un coup, un homme s’approche et dit : « Laissez-les tous passer. Ils viennent de Mbujimayi et ne sont pas concernés. Il n’y a pas encore d’Ebola à Mbujimayi. Il faut attendre le vol de Goma. » Ouf ! On nous laisse enfin passer. Ils nous ont fait vraiment peur. Et la femme au thermomètre s’est vue obligée de s’excuser. « Mille pardons mesdames et messieurs. On pensait que c’était un vol de Goma », a-t-elle dit. Malgré cela, certains passagers l’ont insultée.

Et je me suis imaginé combien c’est dur pour nos compatriotes de Goma de vivre ce contrôle quand ils voyagent ! Mais bon, que faire ? On doit se soumettre. Le contrôle et la mise en quarantaine sont nécessaires et inévitables pour empêcher la propagation de l’épidémie. Il faut qu’il soit totalement éradiqué, ce maudit virus d’Ebola.

Le lendemain, j’ai prends mon vol pour Nairobi. Mais dans l’avion, juste avant l’atterrissage à l’aéroport Jomo Kenyatta, on nous remet un formulaire à remplir. Et vite j’ai compris que ce fameux formulaire nous visait, nous les Congolais. Car il y avait des questions du genre : « Avez-vous séjourné ces derniers jours en RDC ? » « Sentez-vous la fièvre ? » « Avez-vous fait la diarrhée ? » Cela m’a énervé car je savais que c’est de nous Congolais qu’il s’agissait, surtout que notre vol venait directement de Kinshasa. Et au sol, à l’aéroport Jomo Kenyatta, nous avons encore été soumis au contrôle de température.

Bref, tout ça à cause d’Ebola au Congo. Mais c’est le prix à payer si nous voulons stopper ce virus.

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Votre article est bon. Mais un peu d’imprécisions.
    On retient quelqu’un qui présente une température supérieure à 37 degré et non 26 ou 27.