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#VraiMobali : Et si l’Etat congolais fixait un montant standard pour la dot ?

Datant de plusieurs décennies, le prix de la dot fixé par les familles est un casse-tête pour les soupirants au mariage. Chacune selon ses coutumes, dresse une liste des biens que le futur époux devrait payer avant de prendre son épouse. Si on estime le montant, je vous assure que ça peut coûter les yeux du pape. La valeur symbolique du coût de la dote a perdu son sens et a dorénavant haussé le ton pour devenir une opération commerciale, je dirai même un concours d’enrichissement illicite. A l’allure où vont les choses, je pense que l’Etat Congolais doit s’impliquer en fixant un montant standard pour la dot.

La dot, un fond de commerce pour les familles

Dans des nombreuses familles congolaises, on remarque que la dot englobe toutes les dépenses consenties. C’est-à-dire, le capital investi dans la scolarisation, les soins de santé et la nourriture de leur fille. Elle se fait suivre d’une liste des biens qui diffère selon les régions mais généralement on retrouve : des sacs de sucre, cartons de savon, groupe électrogène, les ustensiles de cuisine, des bidons d’huile, vestes, pagnes et autres objets de valeur.

Pour moi, cette façon d’agir troue les poches du futur époux, qui peut prendre un long moment pour régler la facture à un jour incertain ou carrément renoncer au mariage. Ceci n’avantage en aucun cas les aspirants au mariage. Si l’Etat congolais impose à chaque région, un montant fixe pour la dot, j’ose croire que la coutume de la dot ne sera plus un fond de commerce comme il en est le cas aujourd’hui.

L’implication de Etat, fini l’entrave au droit de se marier

La constitution de la République Démocratique du Congo du 18e février 2006 telle que modifiée dans son article 40 alinéa 1er reconnait que « tout individu a le droit de se marier ». Mais je me demande, comment une personne peut jouir de ce droit aussi longtemps que les familles fixent le coût de la dote à un montant exorbitant ? C’est ici que l’Etat doit trouver une solution adéquate pour faire respecter la loi.

Au Sénégal par exemple, l’Etat s’implique dans ce problème de la dot. Dans l’article 132 de la loi n°72-61 du 12 juin 172 portant code de la famille de ce pays, il est dit que : « Les futurs époux peuvent convenir que la fixation d’une somme d’argent, ou la détermination de biens à remettre en partie ou en totalité par le futur époux à la future épouse, sera une condition de fond du mariage. Cette dot ne peut dépasser la valeur maximum fixée par la loi. Elle est propriété exclusive de la femme qui en a la libre disposition ».

Quant au Mali, le législateur de la loi n°62-17 AN-RM du 3 Février 1962  du code du mariage et de la tutelle a disposé en son article 3 que : « lorsqu’ils sont exigés par la coutume, la dot et les présents en vue du mariage ne pourront en leur totalité dépasser en valeur vingt mille francs CFA en ce qui concerne la jeune fille et dix mille francs CFA en ce qui concerne la femme ». Si seulement l’Etat Congolais pouvait s’en inspirer pour reformer la fixation du prix de la dot, nous vivrions dans une autre ère.

Laisser le libre arbitre aux des familles de fixer le montant de la dot sans l’intervention de l’Etat, s’érige dorénavant comme un frein au mariage pour beaucoup de congolais nubiles. Pourtant, il suffirait d’une ordonnance du Président de la République qui en fixe la valeur maximale pour tout régler. Cet acte juridique et salvateur se fait attendre depuis 1987, année de l’adoption du code de la famille. Espérons qu’un jour, les choses pourront changer.

 

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