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40 dollars pour un sac de ciment à Mbujimayi

Le bien-être de la population tient aussi compte de la manière dont elle est logée. Or, être bien logé suppose de construire des maisons confortables. Mbujimayi est une ville enclavée au centre du pays. Les matériaux de construction y coûtent très cher. Il faut être riche pour s’offrir une maison digne de ce nom. La majorité de la population vit donc dans des habitations précaires. 

Vous voulez construire une maison à Mbujimayi, mettez sur la table au moins 10 000 dollars américains. Je parle d’une maison qui réponde aux normes. À Mbujimayi, lors de l’une de ses dernières conférences de presse, le gouverneur Ngoyi Kasanji déplorait le fait qu’un « sac de ciment coûte jusqu’à 45$ ». Contrairement aux grandes villes comme Kinshasa et Lubumbashi où le prix varie entre 10 et 12 dollars. Il faut souvent plusieurs semaines, voire plusieurs mois, pour faire parvenir le ciment à Mbujimayi en provenance du Kongo Central ou de la Zambie. Conséquence : construire est un casse-tête au Kasaï-Oriental.

Pourquoi ne pas privilégier des solutions locales ? Il est possible de créer des cimenteries locales en utilisant les gisements calcaires situés à moins d’une heure de voiture de Mbujimayi, en territoire de Katanda. Ce ne sont pas de riches hommes d’affaires kasaïens qui manquent. Mais ils ont malheureusement la culture de tout importer.

Les arnaques s’y sont mêlés

Quand vous achetez un sac de ciment à Mbujimayi, vous feriez mieux de vérifier que c’est bien du ciment. Certains revendeurs malintentionnés remplissent le dessous avec de la cendre ou du sable coloré en gris. Parfois, cela peut même prendre la moitié d’un sac.

Les autres matériaux qui coûtent très cher à Mbujimayi sont entre autres les tôles, les planches, les carreaux, les pierres, etc. Il faut 30 à 36 dollars pour avoir une seule tôle de qualité. Si vous voulez en acheter 100, vous n’avez qu’à vider votre porte-monnaie. Pourtant, ce genre de tôle ne revienne qu’à 15 ou 16 dollars à Lubumbashi. Mais à Mbujimayi, c’est le double ou plus. Ajoutez à cela un carton de carreaux à 51 dollars pour paver juste un espace d’un mètre carré ! Et c’est sans compter les pierres et les caillasses qui demandent de déplacer des camions. Voilà pourquoi si quelqu’un a construit à Mbujimayi, c’est sûr il a beaucoup dépensé. 

Le coût du transport ne facilite pas la tâche 

Il y a quelques mois le prix du ciment avait baissé pour être vendu jusqu’à 21 dollars le sac à Mbujimayi. Ce qui avait permis à beaucoup d’en profiter et de construire. Puis brusquement, un pont s’est effondré sur une rivière entre le Haut-Katanga et la province voisine de Lomami. En dehors de la voie ferrée, cette route jusqu’au pont est la principale voie par laquelle passent tous les produits lourds en provenance de l’ex-Katanga pour arriver à Mbujimayi. Côté voie ferrée, les trains sont irréguliers et livrent leurs cargaisons après parfois des mois ! C’est ce qui explique aussi la cherté des matériaux de construction au Kasaï-Oriental.

Depuis un certain temps, beaucoup commencent à recourir aux briques cuites fabriquées localement. Une brique coûte entre 50 et 100 francs congolais. Mais les linteaux et les colonnes exigent du ciment, des cailllasses et des barres de fer. Donc de l’argent et en dollars.

 


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