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1960-2020 : de coalition en coalition, la RDC bégaie

La célébration des 60 ans d’indépendance du Congo laisse un goût amer. L’Histoire n’a-t-elle pas été conseillère pour le personnel politique zaïro-congolais ? 

25 ans, 30 ans, 50 ans, 60 ans… en République démocratique du Congo, les anniversaires se suivent et se ressemblent. Il est vrai que la déclaration d’indépendance du 30 juin 1960 s’est faite au rythme du Cha Cha du Grand Kalle, une danse qui alterne des pas en avant, des pas en arrière et des chassés sur le côté. Mais si le Cha-cha-cha cubain se déploie en carré, c’est en rond que tourne la vie politique congolaise…

Les regrets du roi des Belges  

Si la seule nouveauté notable de la célébration des six décennies de rupture avec le lien colonial est l’expression de « profonds regrets » exprimés par l’actuel roi des Belges « pour les blessures infligées lors de la période coloniale », l’acte de contrition –qui parle de « discriminations encore présentes dans nos sociétés »– semble tout autant adressé aux militants européanisés du mouvement Black lives matter qu’aux Congolais restés en Afrique centrale.

Les Kinois et les Lushois du XXIe siècle, eux, sont moins à l’écoute des anciens colons que d’un personnel politicien qui, soixante ans après, semble bégayer de coalition délétère en attelage chaotique…

Tshisekedi empêché de gouverner ?

En 1960, à l’issue d’élections nationales et provinciales aux résultats fragmentés, le Premier ministre Patrice Lumumba allait être entravé par le président Joseph Kasa-Vubu. Soixante ans plus tard, c’est un autre Joseph –Kabila– qui empêche un autre fils de » (signe ultime de bégaiement) de gouverner en rond. Et voilà Félix Tshisekedi obligé de mettre à l’index ses partenaires, au moment où il devrait se vautrer dans d’opulentes célébrations historiques.

Tancer au lieu de danser : c’est lundi, à la veille de la date anniversaire de l’indépendance, que le président de la République tentait d’affirmer la sienne à l’égard de son prédécesseur dont les forces politiques sont majoritaires au Parlement. Solennel, il a profité d’une allocution télévisée commémorative pour rappeler qu’ « aucune majorité politique ou parlementaire, d’où qu’elle vienne, ne peut outrepasser les principes fondateurs de la République », évoquant notamment un projet de réforme controversée du statut des magistrats, projet présumé porteur de « protection d’une personne ou d’un groupe de personnes »…

Nostalgie en trompe-l’œil d’une opulence mal partagée sous Mobutu, déprime socio-économique, gueule de bois d’une vraie-fausse alternance, peur d’une poudrière militaro-politicienne : le 30 juin 2020 apparaît, pour beaucoup, comme un anniversaire affligé. Et les rares citoyens qui lisent les enseignements du passé n’oublient pas que les incohérences du système politique du Congo indépendant naissant avaient conduit à la dictature…

#60AnsDemainLaRDC

 

 

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