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A mon ami politicien katangais, kasaïen, mungala, mukongo (partie 2)

Je ne veux pas être bavard ici. Mais, vous êtes un politique. J’espère que vous comprendrez beaucoup de choses. 32 ans après Mobutu, quels changements a-t-on vus dans l’Equateur ?  Pourtant, on dit qu’il avait propulsé les  gens de sa région et puni les Katangais.

Après 18 ans de Joseph Kabila, quels changements dans le Katanga ? Pourtant, on dit aussi qu’il a propulsé de nombreux Katangais. Qu’est-ce que Kasavubu a fait d’extraordinaire dans sa province d’origine ? Pas de miracle dans le pays Kongo, sous son mandat !

Sur la base de ces exemples, pensez-vous que Félix Tshisekedi va faire des miracles au Kasaï ? J’en doute fort. Il a des urgences dans l’Est, un électorat à convaincre au Katanga et aux Kivu, et des Kinois à rassurer.

Les présidents de la République regardent la RDC avant tout

Tous ces présidents ont ressenti d’abord le devoir de séduire les Kinois. A chaque fin de règne, c’est Kin qui gagne en infrastructures, en visibilité, et tout l’argent qui enrichit les puissants reste à Kinshasa.

Pauvres Kasiens ! Eh bien, pauvres Katangais ! Bien sûr, pauvres Bangala ! Oui, c’est vrai, pauvres Bakongo ! Ils n’ont rien eu de spécial. Je parle des gens ordinaires comme vous et moi. Pourtant, ce sont eux qui sont morts au front des boulimies des présidents et de leurs courtisans.

Ils ont inhalé du gaz lacrymogène à n’en point finir. Ils ont pris des balles suite à la colère des présidents très peu à l’écoute des vrais problèmes même des « gens de chez eux ». Et bien sûr, parlant de ce fameux « chez eux », je constate que rien de spécial n’y a été fait.

Faut-il tirer des leçons de ces histoires ? « Tika tribalisme » !

Alors, quelles leçons retenir de tout ce que je viens de vous raconter ? ces histoires qui envenniment la vie entre Congolais qui visiblement partagent le même sort, au delà du fait qu’ils sont originaires de la même région que les présidents de la République ?

Retenons d’abord que les présidents de la République, au-delà de toute apparence, n’ont pas un chez eux. Chez eux, c’est la RDC. Et malheureusement, la RDC pour eux, c’est Kinshasa. Personne ne devient président de la RDC et pense réellement aux provinces, même s’il s’entoure de ses « frères ethniques ou tribaux ». Par ce constat, je peux oser espérer que ces histoires de « chez eux », « chez lui », ses « frères » vont passer. Il faut rester positif.

Ensuite, il faut constater que c’est ridicule de s’accrocher justement à ces histoires des ethnies des présidents. Quand il s’agit de protéger leur pouvoir, les présidents et les leaders politiques congolais se sont souvent montrés capables du pire. Vous avez plein d’exemples que je ne donnerai pas ici.

Imagine-toi président de la RDC…

Tu prendrais toute ta tribu pour la placer à la tête de toute la République ? Ou, pour être plus tribalement correct, tu proclamerait l’indépendance de la province ou des portions de terre de ton ethnie ? Voilà que tu souris et me dis que jamais pareille chose ne sera faite. Oui, c’est sûr, tu adores ce vaste Congo non ?

Alors, mon ami politicien katangais, kasaïen, mungala et mukongo, … laisse tomber ces histoires qui nous nuisent. On se fait mal pour rien. Je parie que si tu étais président de la RDC, tu ne verrais pas avant tout ta tribu. Je parie que tu voudrais d’ailleurs séduire les compatriotes qui te semblent les plus hostiles et difficiles à dompter.

Alors, il reste une chose à faire pour tous les Congolais : se battre ensemble. Se battre pour obliger nos présidents et nos leaders d’arrêter de nous manipuler en recourant à une gouvernance ethnique et remplie de haine tribale. Car ils sont eux-mêmes incapables de gouverner en laissant le « pays » Kongo ou le « pays » Katanga échapper au Congo.

Battons-nous pour rappeler à tous que Kinshasa n’est la RDC. Nous avons besoin que nos dirigeants changent nos conditions de vie. Ainsi, nous n’aurons pas le temps pour nous battre sur simplement le fait de partager avec eux les origines tribales, et rien de concret de plus. Que le Congolais se mette enfin debout. Alors debout Congolais !

 

 

 

 

« Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI), de l’USAID, la coopération suisse, ainsi que des gouvernements suédois, des États-Unis et suisse. »

 

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