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Violences sexuelles : la Banque mondiale siffle une sortie de route pour la RDC

En 2016, la Banque mondiale avait approuvé un crédit de 125 millions de dollars pour la réouverture de trois routes dites prioritaires en République démocratique du Congo. Il s’agit des tronçons Komanda-Bunia-Goli, Beni-Kasindi, et Bukavu-Goma. Mais des accusations « graves » concernant le traitement des travailleurs sur le dernier axe Bukavu-Goma, dont « des allégations de violences sexuelles », ont poussé la Banque mondiale à suspendre le financement le 27 novembre dernier.

« Des allégations de violences sexuelles et sexistes contre les populations locales et les travailleuses, auxquelles

s’ajoutent de mauvaises conditions de travail et des inquiétudes concernant les conditions d’exploitation des carrières et zones d’excavation liées au projet » sont dénoncées dans la lettre de Makhtar Diop vice-président région Afrique de la Banque mondiale du 26 novembre dernier, adressée à Henri Yav Mulang, ministre des Finances de la RDC, dont Habari RDC a pu lire une copie.

Makhtar Diop reproche aussi dans ce courrier un « usage excessif de la force par le personnel militaire congolais affecté à la protection des chantiers » et de « graves dommages causés par les membres de la communauté vivant le long de la route Bukavu-Goma et que les problèmes restent non résolus ».

« Compte tenu de ce qui précède, nous avons décidé que le droit du bénéficiaire à effectuer des retraits du Crédit N° 5763-ZR pour tout travail de génie civil de réhabilitation ou d’entretien des routes dans la catégorie de décaissement 1.c. est suspendu à compter de 12h 01, heure de Washington DC, le 27 novembre 2017 », annonce alors le responsable de la Banque mondiale.

Des réparations en urgence pour reprendre le financement

Neuf conditions sine qua non sont énumérées pour la reprise du financement de la route Bukavu-Goma, dont au moins cinq liées au respect des règles et des personnes pour lutter contre les violences sexuelles et de genre. Et le reste, pour réparer les dommages dont auraient été victimes les populations et les communautés affectées par le projet.

Le gouvernement congolais a un mois pour régler toutes ces bévues, sinon la suspension pourrait être définitive. La lettre se termine ainsi : « Conformément à l’alinéa 6.03 (a) des Conditions Générales, l’Association a le droit d’annuler le montant du financement à décaisser, si la suspension est en vigueur depuis une période continue de trente (30) jours. »

Gouvernement vous êtes averti, cette route Bukavu-Goma, pourrait aider des millions de Congolais des deux provinces. Faites preuve de bon sens et prenez pour une fois vos responsabilités. La Banque mondiale veut s’assurer que les personnes qui ont déposé les plaintes ne soient aucunement inquiétées, que les militaires affectés à la protection du chantier soient formés au respect des droits humains et qu’une ONG indépendante s’assure que tout ceci est mis en place ! Elle veut aussi que vos citoyens congolais soient indemnisés ! Ce n’est pas la mer à boire, c’est juste votre devoir chers dirigeants !

 


Retrouvez l’intégralité de la lettre ici

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